Agence Economique de Bretagne (plénière de juin 2010)

Publié le par Groupe des élus UDB

oiseau seul

Conseil régional de Bretagne

Plénière des 24 et 25 juin 2010

Une nouvelle impulsion pour le développement économique régional

Naig Le Gars

 

 

 

Monsieur le Président, chers collègues,

 

Votre projet, M. le Président, propose de faire de l’AEB le bras armé du développement économique breton. Et nous souscrivons à la fusion de l'AEB et de BZH innovation, comme tout ce qui contribue à mutualiser et à simplifier les dispositifs, comme à optimiser les moyens.

 

Cependant, ces orientations du bordereau nous posent quelques problèmes :

 

Du point de vue de la démarche, nous voyons là un risque d’externalisation d’une compétence régionale à une structure qui était au départ conçue pour orienter et animer la politique économique de la Région. Nous avions salué son élaboration et sa mise en place 2006, d'autant qu'elle marquait un nouvel élan après notre départ de Ouest-Atlantique. Mais ici nous craignons un changement de cap.

 

Nous rejoignons l'inquiétude des membres du CESR, qui l'ont vivement exprimée lors de leur réunion du 14 juin. Je citerai le représentant de la CFDT, Alain Le Menn (P191).

 

Outre la question essentielle de la démocratie, se posent en outre, celle de la maitrise des fonds publics, de la prise d'intérêt (pour seulement quelques entreprises), voire de la gestion de fait.

 

Les uns et les autres, avons été élus sur des programmes, au sein desquels les choix économiques étaient des marqueurs importants. Ceux-ci demandent à être confrontés et débattus dans les commissions et dans cette enceinte. L'agence devient une affaire d’experts, cela peut s'apparenter à une confiscation du débat économique et démocratique.

 

Or, s'agissant des choix stratégiques, ils témoignent d’une vision libérale. L’internationalisation dont la mention fleurit à longueur de pages et que vous souhaitez « promouvoir avec force » mérite que nous nous y arrêtions. Pour beaucoup d'entreprises, et notamment les petites, le défi n'est pas de vendre à l'extérieur ni de devenir des multinationales, mais de survivre et de résister à la tourmente économique, et/ou à la mondialisation. Ce qu 'il convient d'encourager en revanche, c'est le développement de la valeur ajoutée, mais aussi et surtout la production endogène. C 'est aussi la proximité, tant du point de vue de la production et de la commande publique ou privée, mais aussi l'ingénierie et l'accompagnement des projets.

 

Et on retrouve ici l'innovation, qui dans le bordereau relève un peu de la pensée magique. On sait bien que depuis la stratégie de Lisbonne, il est de bon ton de la mettre partout. Mais se pose t'on la question de pourquoi et pour qui?

 

Pourquoi? L'innovation doit-être au service d'un mieux-être humain et environnemental, de la qualité de vie et de l'emploi. Et c'est précisément ces éléments qui feront la marque bretonne, si tant est qu'on puisse être promu sous ce titre. Car l'authenticité se vit plus qu'elle se décrète, elle nous exonère pas non plus de nous interroger sur nos lacunes et nos faiblesses.

 

Pour qui? Elle doit être aussi sociale. Et on relève là à la fois un souci et une contradiction.

 

M. le président, nous attendons donc des réponses à ces nombreuses questions.

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