Centrale électrique à gaz: le président du CRB joue sur les mots

Publié le par Groupe des élus UDB

Guyonvarch -Christian- Com.R-gion[1]Brest, le 15 septembre 2011

Projet de centrale électrique à gaz et « débat public » : le président du Conseil régional joue sur les mots
 
Dans une interview parue aujourd’hui dans Ouest-France, interrogé par Didier Gourin sur le projet de centrale électrique à gaz dans le Finistère, le président du Conseil régional de Bretagne répond : « Le choix de l’opérateur sera connu au début de l’année prochaine, et nous demanderons alors un débat public ».
 
En faisant cette réponse Jean-Yves Le Drian donne l’impression de rejoindre la demande du collectif GASPARE (Garantir l’avenir solidaire par l’autonomie régionale énergétique) et de cinq associations ou collectifs d’associations de protection de l’environnement (*) qui ont déposé le 11 août dernier un dossier de saisine de la Commission nationale de débat public (CNDP). En réalité il n’en est rien.
 
En effet, quand l’opérateur aura été choisi par l’Etat début 2012, le projet de centrale électrique à gaz ne connaîtra au plan administratif que la procédure classique de l’enquête publique qui ne permet pas d’évaluer la pertinence d’un projet au regard de l’intérêt général. Or, la procédure officielle du « débat public » que la CNDP peut rendre obligatoire porte sur la légitimité et la pertinence d’un projet d’infrastructures ou d’équipement au regard de l’intérêt général et non pas seulement sur la question de son impact environnemental ou sanitaire. Il s’agit alors d’évaluer si le projet en question est bien la réponse adéquate, en l’absence de toute autre alternative, à un besoin économique et social. Dans le cas qui nous occupe le « débat public » devrait porter non seulement sur le projet de centrale mais aussi sur la canalisation d’apport de gaz et sur l’extension de la ligne d’exportation de l’électricité dont il est prévu que le coût incombe à la collectivité publique et sur les tarifs de rachat de l’électricité auprès de l’opérateur (donc sur la facture à l’usager). Il devrait aussi porter sur la viabilité de cette source d’approvisionnement en électricité alors que les projets de centrales électriques à gaz à cycle combiné aujourd’hui recensés en France s’élèvent à 60 (il en surgit de nouveaux tous les mois)! Où ira-t-on chercher tout ce gaz qui sera intégralement importé ?
 
Par conséquent, si le président du Conseil régional a le souci d’un débat public transparent, il doit exprimer son soutien à la procédure officielle du « débat public » en écrivant en ce sens et dès maintenant au président de la CNDP. Ce faisant il rejoindra plusieurs dizaines de collectivités du Finistère qui, nonobstant leur position sur le fond du dossier, considèrent qu’un vrai débat public s’impose.
 
Christian GUYONVARC’H
Conseiller régional / kuzulier-rannvro
                                              
 
(*) Ecologie Sans Frontière, Cohérence, AE2D, Abers Nature, Vivre dans les Monts d’Arrée – Bevañ e Menez Are.

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