Cher François Hollande...

Publié le par Groupe des élus UDB

manif Brennilis 25-04-2011 014 (1)

 

 

 

 

 

 

Légende de la photo:

Christian Guyonvarc'h,

entouré de quelques camardes, lors de

la manifestation anti-nucléaire de Brennilis,

le 25 avril 2011.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Communiqué de presse

                                                                      Brest, le 26 avril 2011

 

 

 

Cher François Hollande, à Saint-Jean-du-Doigt vous auriez pu « admirer » une centrale nucléaire 

 

François Hollande, candidat déclaré à la présidence de la république, vient de séjourner sur la côte du Trégor finistérien, pour quelques jours de repos qui lui auront permis de peaufiner son image d’homme du recours dans la course à l’investiture socialiste.

 

Appliqué dans la mise en œuvre d’un plan de communication fort bien construit, l’ancien numéro 1 du PS soigne depuis deux ans un côté homme dégagé des contingences d’appareil, en ligne directe avec le peuple, à l’écoute des gens, soucieux d’apporter des réponses de bon sens aux préoccupations du quotidien. Ce n’est certes pas la stratégie la moins pertinente en période de crise sociale et morale, encore faut-il qu’elle se traduise par des prises de position et des propositions qui ouvrent les perspectives d’un vrai changement.

 

Cher François Hollande, en ce 25ème anniversaire de la catastrophe nucléaire de Tchernobyl qui aura coûté la vie à plusieurs centaines de milliers de personnes, au moment où le peuple japonais doit tenter de vivre avec une terrible épée de Damoclès en permanence au-dessus de la tête, j’aurais aimé vous voir à nos côtés, à Brennilis, à quelques dizaines de kilomètres de votre lieu de villégiature, en ce lundi de Pâques, pour exiger que la France sorte de la dépendance au nucléaire civil et militaire. Il est vrai qu’à Brennilis vos camarades socialistes étaient visiblement absents.

 

La presse quotidienne bretonne nous apprend que vous avez préféré à la marche militante autour de la centrale nucléaire de Brennilis, fermée depuis 26 ans mais toujours sous surveillance, une déambulation plus relaxante sur le littoral de Saint-Jean-du-Doigt. Savez-vous, chez François Hollande, que sur ces côtes trégorroises, au lieu des falaises, des plages et des sentiers préservés de Beg ar Fri c’est une centrale nucléaire que vous auriez pu « admirer » ? Saint-Jean-du-Doigt et Guimaëc, où se trouve ce site magnifique, furent en effet, avec Plogoff, Erdeven, Plouézec, Le Carnet et bien d’autres encore, parmi les nombreuses communes bretonnes sur lesquelles le lobby électronucléaire avait jeté son dévolu. Et il fallut aux Bretons, à Saint-Jean-du-Doigt comme ailleurs, mener un combat acharné pour faire échouer ces projets qu’un pouvoir aveugle voulait leur imposer.

 

Je ne sais si ce message d’un camarade autonomiste breton à un camarade socialiste français vous parviendra mais je me devais de vous le délivrer car vos récentes prises de position sur la question du nucléaire, qui font écho à la décision de Nicolas Sarkozy de multiplier les EPR, ne sont guère de nature à rassurer l’écologiste que je suis dans l’hypothèse où les Français décideraient dans un an de vous confier les clés de l’Elysée. Alors, cher François Hollande, revenez en Bretagne quand vous voudrez, vous y serez le bienvenu, mais si vous voulez en retirer des enseignements utiles pour votre campagne électorale et pour le bien des Français, entendez les appels à la construction d’une nouvelle politique énergétique fondée sur une approche démocratique, donc décentralisée, au plus près des besoins, pour réussir le double défi de la sobriété et des énergies renouvelables qui feront les emplois durables de demain.

 

 

                                                      Christian GUYONVARC’H

                                                      Conseiller régional / Kuzulier-rannvro

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