Intervention de politique générale (session de juin 2010)

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oiseau seul

Conseil régional de Bretagne

Groupe UDB – autonomie et écologie

Politique générale

Naig Le Gars

 

Jeudi 24 juin 2010

 

Monsieur le Président, chers collègues,

 

Il n'aura échappé à personne que nous traversons une période sombre, qui voit tous les indicateurs se mettre au rouge, et où les nuages s'amoncellent. Mais ceux-ci ne viennent pas du ciel ou de quelques malédictions. Ils viennent d'un système, le capitalisme financier, qui engendre la guerre économique. Celui-ci a ses mercenaires : les banques, les fonds de pension et les agences de notation, qui imposent leurs lois et sèment la terreur économique.

 

Il a aussi ses victimes, les peuples que les Etats mettent à la diète, les entreprises qui ferment, les salariés malmenés, qui vont travailler plus encore, ou perdre leur emploi (comme Thomson Grass valley de Brest et de Cesson Sévigné, où les 300 salariés attendent un signe de la Région).

 

Rappelons justement en ce jour de grande manifestation que le problème des retraites est premièrement un problème de chômage. Chômage qui sévit depuis des décennies, avec des pics dramatiques, comme aujourd'hui. Et, c'est deuxièmement une question de choix sur les modes de financement du régime de répartition.

 

Mais à force de privilégier les actionnaires, on aboutit à ce résultat aberrant : la réduction des personnels des entreprises au nom de la compétitivité est devenu un acte de bonne gestion.

 

Avec ces emplois qui disparaissent, nos territoires s'étiolent et se désindustrialisent... laissant la place à l'agro-business, pour le plus grand bonheur des lobbies, très actifs en ce moment. Comment ne pas évoquer le désormais célèbre amendement cochonnier « Le Fur »?

 

Mais ce n'est pas assez pour nos gouvernants. Avec Sarkozy et l'alliance UMP-MEDEF, où Bonapartisme et ultralibéralisme font bon ménage, la guerre est aussi idéologique. Il faut faire table rase du passé, des acquis de la résistance et des réformes de 1981.

Et nous voilà donc avec cette absurde et malfaisante contre-réforme territoriale, à quelques jours de son dernier passage au Sénat. Nous en avons déjà dit tout le mal qu'on en pensait. Nous avons rappelé son caractère antidémocratique, antiparitaire, antirationnel et réactionnaire, puisqu'elle nous ramène 30 ans en arrière. Il faut tout faire pour exiger son retrait, y compris à l'ARF, où l'action contre cet homicide régional doit être ferme, radical et sans ambiguïté.

En effet, on ne peut le fustiger tant au niveau régional que politique, tout en s'y préparant dans les métropoles.

 

Quand on voit à la lecture d' OF du 12 juin, les élus de Rennes et de Nantes se féliciter de leur partenariat, on peut s'interroger et même s'offusquer de  la dernière phrase de l'article, citant le vice président de Nantes métropole, Patrick Rimbert : « le moteur du développement, ce n'est pas la région, mais la ville »!

 

Et d'autres d'évoquer l'Espace Métropolitain Loire Bretagne comme aire pertinente.

Après le Grand Ouest, une nouvelle chimère territoriale?

 

Ce type d'arrangements entre amis pose 2 problèmes :

-Celui de désolidariser Rennes et  Nantes du reste de la Bretagne, anticipant ainsi la contre-réforme à venir.

-Celui de nier la Région, en tant qu'entité et territoire, historique, économique et politique, en lui substituant une autre entité artificielle, sur le seul critère de la compétitivité. Ceci, au mépris du souci de l'équilibre des territoires et du combat pour la Bretagne réunifiée.

 

Autant l'inimitié ancienne entre les 2 villes était navrante, autant cette proximité intempestive aujourd'hui, est troublante.

 

Enfin, où est la cohérence? Qui défend quoi? Si au parti socialiste, certains maires, par ailleurs députés (et même leaders), acceptent ce démembrement des territoires, qu'ils le disent!

 

Et que l'on sache à quoi s'en tenir. Mieux vaut en effet, avoir de vrais adversaires que de faux amis. Merci M. le président et chers collègues de la majorité de nous éclairer sur cette question.

 

Mais le comble de l'incohérence et de la duplicité revient à M. de Legge, avec son amendement qui a supplanté celui de ses collègues -qui plus est de son parti! Bravo!- à l'assemblée Nationale, où a été adopté le 2 juin dernier.

 

En imposant comme périmètre de consultation populaire, l'espace des  PDL, M. de Legge ruine toute perspective de réunification de la Bretagne.

 

Que n'avez-vous pas retenu, M. de Legge [absent], les enseignement du constitutionnaliste Guy Carcassone! Il  était intervenu il y a 2 ans, dans le cadre du groupe de travail (que nous souhaitons remettre en place si vous avez lu la motion que nous allons présenter) sur la question du processus de réunification de la Bretagne administrative. Il avait insisté sur le fait que la consultation des PDL n'était pas indispensable, sauf à en bloquer l'issue. Il avait pris pour exemple, les iles de Saint Martin et de Saint Barthélémy, qui s'étaient séparées de la Guadeloupe, en 2005, sans que celle-ci ne fût consultée. Vous avez préféré ériger un mur, sur lequel vous avez dessiné une porte, histoire de nous faire croire que vous allez dans le sens de la marche, alors que vous nous faites reculer.

 

Maintenant, là aussi soyons clairs, Mmes et Mrs du groupe Breizh Da Zont. Comment précisément voyez-vous l'avenir de la Bretagne réunifiée? Avez-vous une botte secrète que vous cachez maintenant pour mieux nous la sortir en 2012 ou en 2014? 

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