L'écologie: une nouvelle chance pour l'agriculture française et européenne

Publié le par Groupe des élus UDB

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Tribune libre

L'écologie : une nouvelle chance pour l'agriculture française et européenne.  

 

Après avoir lancé à son arrivée au pouvoir le Grenelle de l'environnement, qui avouons le, avait eu le mérite de réunir pour la première fois en France autour d'une même table les acteurs politiques, syndicaux et associatifs, Nicolas Sarkozy et son gouvernement n'ont eu de cesse par la suite de chercher à liquider, sur l'autel de la crise et au nom de la sacro-sainte compétitivité, les quelques maigres avancées que comptait le Grenelle. Après les propos scandaleux du Président de la République lors du dernier Salon de l'agriculture de Paris affirmant "l'environnement, ça commence à bien faire", c'est aujourd'hui au tour de Bruno Lemaire, ministre de l'agriculture de déclarer, dans un entretien accordé au journal Ouest France le 4 octobre, que certains objectifs du Grenelle de l'environnement en matière agricole devraient être adaptés et qu'il souhaitait "une pause en matière de règles environnementales" afin de ne pas freiner le redémarrage d'un secteur en crise.
 

 

Oui le monde agricole souffre. En France, le revenu moyen des paysans a chuté de 34 % en 2009, après un recul de 20 % en 2008. Les crises sectorielles, telle la crise laitière, se succèdent. Le nombre d'exploitations ne cesse de diminuer (entre 1998 et 2007, il a été divisé par deux passant de 1,5 millions à 770 000).


Cette souffrance, nous la connaissons. Elle est la conséquence de quarante années de politiques agricoles orientées exclusivement vers la production au détriment du revenu des paysans et de la protection de notre environnement. Les modèles agricoles de proximité et à forte valeur ajoutée, telle l'agriculture biologique, ont quant à eux démontrer leur capacité à garantir aux paysans un revenu décent indépendamment des fluctuations des marchés internationaux. Comment peut-on dès lors oser faire croire que la conversion écologique du modèle actuel est la cause du malheur de l'agriculture française et européenne?

 

En opposant agriculture et environnement, Bruno Lemaire précise en réalité sa vision pour l'agriculture : celle d'un modèle uniforme, libéral et productiviste, une agriculture de « minerai » pour l'agro-industrie, sans valeur ajoutée,  tournée vers les marchés internationaux et l'agro-industrie. En somme, c'est le prolongement de l'existant que nous propose aujourd'hui le ministre de l'agriculture et donc l'aggravation inévitable de la crise actuelle. 

 

Les élu-e-s Europe Écologie et UDB souhaitent au contraire la mise en œuvre d'un processus de transition écologique et social du modèle agricole français et européen, en associant valeur ajoutée, emploi, préservation de l'environnement, à l'instar de ce que semble vouloir mettre en œuvre le commissaire européen à l'agriculture Dacian Ciolos. Il faut dès aujourd'hui diriger les efforts vers une agriculture de qualité, écologique, dans le cadre de marchés régulés, garants d'un revenu décent pour les paysans et de prix justes pour les consommateurs. Les propos de Bruno Le Maire ne peuvent que nous inquiéter et renforcent notre volonté de voir l'avènement d'une autre politique agricole. Nous serons, à ce titre, particulièrement attentifs quant aux contenus des décrets d'application de la Loi de Modernisation Agricole et aux positions de la France dans le cadre des négociations pour une nouvelle Politique Agricole Commune. 


Guy Hascoët,

Président du groupe Europe Écologie au Conseil

Régional de Bretagne

René Louail,

Paysan,

Conseiller régional

Europe Écologie

Bretagne

Herri Gourmelen,

Président du groupe UDB

au Conseil Régional de Bretagne

Publié dans Agriculture-pêche

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