Plénière d'oct. 2010: ostréiculture

Publié le par Groupe des élus UDB

MonaSession Plénière du CRB des  21 et 22 octobre 2010

 

Intervention Mona BRAS , groupe UDB Autonomie et écologie

 

 

 


Bordereau : situation de  la filière ostréicole : enjeux, état des lieux et perspective de sortie de crise.

 

 

 


Monsieur le président,

 

Les ostréiculteurs, comme les apiculteurs, sont les sentinelles de la qualité ou de la dégradation de l'environnement. La surmortalité des abeilles et des huîtres rappelle le tocsin sonné par Einstein : « Si les abeilles venaient a disparaître, l'homme n'aurait plus que quatre années a vivre ».

 

Aujourd'hui, nous savons que nous aurons quelques huîtres pour les réveillons de 2010, mais pour les trois années à venir, l'absence d'huîtres va entraîner une crise collatérale car, Monsieur le Président, des huîtres sans Muscadet, breton bien sûr, c'est comme du beurre sans sel.

 

Ceci mis à part, il apparaît que si la  crise économique suffit a elle seule à ébranler les entreprises. Alors quand survient une catastrophe écologique, celles dont l'activité première est justement la ressource naturelle, les conséquences sont dramatiques. Les ostréiculteurs sont aujourd'hui confrontés à une surmortalité des naissains, comme les apiculteurs sont victimes de la sur mortalité des abeilles.

 

Dans le Morbihan, ce sont plus de 400 emplois menacés. Sur 370 entreprises, 186 ont d'ores et déjà demandé de l'aide aux pouvoirs publics. Nous retrouvons le même phénomène de fragilisation des entreprises agricoles, ostréicoles et apicoles. Derrière ce symptôme partagé, y-a-t-il des causes communes ?

 

L'avenir des élevages d'huîtres est incertain. Si la mortalité est stoppée, la reconstruction de la filière prendra du temps. Déjà, la crise ostréicole de 1975 à 1982 était attribuée, après des études chimiques et toxicologiques, au TBT (tributylétain) contenu dans les peintures antifouling appliquées sur les coques de bateau , cette crise due à  une dégradation grave de l'environnement devra attendre des mesures réglementaires pour une sortie de crise qui prendra cinq ans.

 

Aujourd'hui, la surmortalité des huîtres est  attribuée à la dégradation de la qualité des eaux littorales. La qualité de ces eaux littorales dépend de la qualité des eaux depuis la source.

 

Aujourd'hui, pour le CESER, «la qualité des eaux du milieu est l'élément essentiel de la survie de la profession, la qualité des eaux côtières est la composante majeure de la préservation des sites conchylicoles fortement dépendantes des activités en amont sur le bassin versant.» Les élus du groupe UDB autonomie-écologie partage cette analyse.

 

Le comité national et les Comités régionaux de la conchyliculture ont décidé de porter ce dossier de la dégradation de la qualité des eaux côtières devant la Commission européenne pour obtenir la condamnation de la France pour non respect des directives européennes relevant de la qualité des eaux et de l'environnement.

 

Ces manquements entraînent non seulement le phénomène des algues vertes, mais au delà, l'empoisonnement permanent des eaux par les nitrates certes, mais aussi le phosphore, les métaux lourds tels que le cuivre et le zinc, les matières organiques et les pesticides systémiques exclus du plan Ecophyto 2018.

 

Ce cocktail chimique est le coupable désigné dans la mortalité qui atteint les cygnes de Pont-L'Abbé, victimes d'une hécatombe récente et soudaine.

 

La catastrophe économique et écologique qui frappe les ostréiculteurs doit pousser les responsables politiques à en rechercher les causes  et à prendre les mesures énergiques nécessaires à la sauvegarde de ce

secteur économique et culturel de la Bretagne.

 

2010 est l'année de la biodiversité, nous savons que la sélection animale et végétale permanente, détruit la biodiversité cultivée et affaiblit les défenses immunitaires naturelles des espèces concernées. L'huître triploïde est, à notre avis, une réponse inadaptée à long terme pour sauver la diversité, la vitalité et la durabilité des populations d'huîtres.

 

Par ailleurs, l'omerta règne sur la question des transferts de naissains entre les bassins ostréicoles et le rôle de ces transferts dans la diffusion des contaminations par des agents infectieux qui suivent le circuit de la ronde des camions qui transportent naissains et huîtres matures entre la Bretagne et les Marennes d'Oléron.

 

Si nous ne voulons pas perdre les savoir-faire professionnels, si nous ne voulons pas perdre une filière économique importante, si nous ne voulons pas subir un appauvrissement de notre patrimoine culturel, il nous faut soutenir la filière professionnelle de l'ostréiculture et l'aider à tenir la période d'au moins trois ans nécessaire à la reconstitution des stocks et le retour de la viabilité économique du secteur. La mortalité des huîtres et des abeilles n'est pas une fatalité. La disparition annoncée de la moitié des entreprises ostréicoles non plus.

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