Session plénière d'octobre 2011: Plan cheval

Publié le par Groupe des élus UDB

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Conseil régional de Bretagne

Session plénière d'octobre 2011

Intervention de Mona Bras

Plan Cheval


Notre collectivité après avoir organisé une conférence en 2010, en réponse à la réforme des Haras nationaux engagée la même année, poursuit son engagement auprès de la filière équine en proposant ce Plan cheval. La réforme des Haras nationaux se concrétise et le transfert des centres techniques a commencé. L'activité cheval de trait de ces centres, non rentable au sens financier du terme, vivait grâce au soutien public : en 2010 l'Etat possédait 18 étalons de trait bretons, en 2011 il projette d'en acheter 15, 10 en 2012 et 5 en 2013 tout en réformant 30% de ses étalons. C'est un véritable sabotage !

 

Face au désengagement de l'Etat, à la diminution drastique des crédits nationaux affectés à la filière (comme le dit l'introduction du bordereau), face à la fin de l'étalonnage public, fin organisée par l'Etat ; la question du maintien du cheptel avec une diversité génétique significative est posée, la question même de la survie de la filière est posée. Les éleveurs bretons attendent un Plan Marshall pour le cheval breton, nous leur proposons un Plan heval amitieux.

 

Les Bretons dans leur ensemble sont sensibles à cet élément patrimonial de notre culture : la traction animale était encore en usage chez les paysans dans les années 60, avant que la mécanisation de l'agriculture ne sonne le glas d'une civilisation. 

Je ne détaillerai pas les cinq points du Plan cheval mais ferai quelques commentaires.

Concernant le point 3 : "préserver la filière trait bretonne", la Bretagne historiquement terre d'élevage, a des races connues : le cheval du Conquet, le bidet de Briec, le cheval de Corlay, le postier des Montagnes, lle trait lourd du Léon. De ces races de chevaux bretons, endurantes, l’histoire a retenu qu'ils furent les seuls à survivre durant la retraite de Russie. Pour notre part, attachés au développement de biodiversité naturelle, cultivée et élevée, nous soutenons sans réserve l'idée de promouvoir une filière structurée, reconnue et professionnelle (idée reprise dans le point 1) qui évitera la disparition de ces races de chevaux qui participent aussi de la richesse de notre diversité culturelle.


La filière 
hippophagique, analysée pages 7 et 8 du bordereau, montre des signes de faiblesse : si d'un côté il y a baisse constante de la consommation de viande chevaline depuis 1970 où nous passons de 1,5kg de viande chevaline par an et par habitant à 340grammes en 2010 ; de l'autre côté nous constatons qu'il y a inadéquation entre la demande des consommateurs et l'offre des éleveurs. Ceux-ci produisent plutôt de la viande blanche issue de jeunes poulains alors que les consommateurs préfèrent la viande rouge issue d'animaux âgés. In fine, la consommation française de viande chevaline est assurée à 80% par les importations. Un comble !


Ainsi que le soulignait Pierre Durand, Président du syndicat des éleveurs du cheval breton : "la production n'est pas valorisée et ne répond pas à la demande". Il y a là un secteur économique à développer et à valoriser, avec un débouché possible : pourquoi ne pas proposer 2 ou 3 fois par an de la viande chevaline au menu des lycées dont nous avons la compétence ? Si je fais partie de ceux qui souhaitent une journée hebdomadaire sans viande ou la proposition de menus végétariens dans la restauration collective et familiale, je souhaite aussi la diversité culinaire carnée pour ceux qui consomment de la viande.

 

Quant à vouloir donner au cheval le statut d'animal de compagnie, qui interdirait de fait la consommation de viande chevaline, pourquoi ne pas élargir ce classement aux veaux, vaches, cochons et à la volaille ? Nous entrons là dans le débat sur le spécisme, à savoir le droit que l'homme se donne de décider de la classification des animaux en catégories : certaines destinées à l'alimentation, d'autres à la compagnie, d'autres au travail, d'autres à la vie sauvage. L'essentiel, dans le monde occidental,  n'est-il pas dans les conditions d'élevage et d'abattage, dans le respect du vivant et des êtres sensibles que sont les animaux ? Or les conditions industrielles d'élevage et d'abattage, malgré les normes, sont loin d'être respectueuses pour les animaux; ni pour les salariés de ces secteurs économiques.


Concernant les nouveaux usages professionnels, le Conseil régional a participé à l'investissement matériel nécessaire à l'arrosage des fleurs de la ville de Landivisiau : une tonne à eau tractée par Kann Loar, une jument bretonne de 13 ans. Ailleurs, nous avons l'exemple à Laval d'une association d'insertion qui utilise une jument percheronne et une jument bretonne pour la collecte de déchets, de cartons et des ordures les lendemains de match de football. Le nombre et la qualité des équipes de football sur le territoire de la Région laisserait espérer la duplication de cet exemple en Région Bretagne.


D'autant que les Haras de Hennebont ont, en lien avec l'entreprise Avril-Industrie de Ploemeur, répondu aux sollicitations de l'IFCE Institut français du cheval et de l'équitation, afin d'adapter à la traction animale le désherbage mécanique pour remplacer le désherbage chimique des allées de parcs, des voies vertes et des terrains stabilisés. Cette innovation répond aux évolutions sociétales et aux normes environnementales de plus en plus soucieuses de méthodes alternatives moins dommageables pour l'environnement et qui nourrissent le tissu social.


Environ 200 communes en France utilise le cheval pour assurer des tâches d’intérêt public depuis le transport scolaire jusqu'aux tâches de police municipale en passant par l'arrosage, le nettoyage , le débardage. Ces nouveaux usages ouvrent des perspectives aux éleveurs bretons et à la filière chevaline.


Justement, la réforme des Haras nationaux a conforté le site des Haras de Lamballe au détriment de celui des Haras d'Hennebont. Lamballe, associé avec l'école nationale d'équitation de Saumur est devenu l'unique IFCE, Institut français du cheval et de l'équitation de la Région Bretagne. Logique de décisions prises dans des bureaux parisiens et dans l'esprit de reconcentration des services publics, fut-ce au détriment des populations et des dynamiques de territoires, sans soucis de la péréquation et de la solidarité. Le syndicat mixte des Haras d'Hennebont, refusant une disparition programmée par les politiques de l'Etat, a lui aussi un Plan de sauvetage et de développement dont l'ambition est de faire d'Hennebont la capitale bretonne du cheval breton. Les Haras d'Hennebont ont le patrimoine foncier et les équipements professionnels, le patrimoine génétique des étalons sélectionnés, les savoir-faire des personnels qualifiés, la volonté de mettre le cheval breton au cœur d'actions territoriales au service du développement local et des services publics.


Nous souhaitons que les Haras d'Hennebont bénéficient d'une attention particulière de note collectivité dans le cadre du Plan cheval breton.


Monsieur le Président, nous voterons pour les 5 axes et les 34 mesures proposées par le Plan cheval, et je conclueri en disant à Michel Morin que je piaffe d'impatience de savoir qui est Fred et espère qu'à cette heure-ci il n'a pas l'estomac dans l'étalon (les talons).

 

Je vous remercie.

Publié dans Agriculture-pêche

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