Session plénière de décembre 2010: développement économique

Publié le par Groupe des élus UDB

Guyonvarch -Christian- Com.R-gion[1]

Conseil régional de Bretagne

Plénière des 16 et 17 2010

Une nouvelle impulsion pour le développement économique régional

Christian Guyonvarc'h

 

 


 

Monsieur le Président, chers collègues,

 


 

En juin dernier nous avions débattu de votre projet de faire de l’AEB le bras opérationnel d'une stratégie économique bretonne. Nous avions souscrit à la fusion de l'AEB et de Bretagne innovation, comme tout ce qui contribue à mutualiser et à simplifier les dispositifs, à optimiser les moyens.

 

En juin, nous avions posé un certain nombre de questions. Le bordereau d’aujourd’hui apporte quelques réponses, notamment en prévoyant des présentations régulières des travaux de l'agence devant la commission économique du Conseil régional. Mais il laisse encore beaucoup de zones d’ombre.

 

 

En premier lieu, sur le plan de la gouvernance, nous constatons que l'Assemblée générale n'est que formelle, c'est une coquille vide de compétence. C'est tout de même problématique quand on a l'ambition d'associer tous les acteurs concernés.

 

En second lieu, nous estimons que les objectifs de cette « Agence de développement économique » ne sont pas suffisamment déclinés. Innovation, internationalisation, attractivité... pourquoi pas? Ce qui nous inquiète davantage, c'est de savoir de quel type de développement nous parlons. Est-ce un soutien à l'économie productiviste? L'internationalisation, nous le rappelions en juin dernier, ne doit pas être un but en soi. Pour le groupe UDB, il est essentiel de développer (justement) une économie endogène, plus résistante aux effets de la crise car moins dépendante des capitaux étrangers et plus en phase avec le territoire donc moins soumis aux aléas des délocalisations. Le désarroi dans lequel sont plongés par exemple les 192 salariés de Compétence (ex-Jabil, ex-Alcatel), à Brest, victimes d'un jeu de casino, nous montre que la course aux investissements directs étrangers n'est pas sans risque sur le plan économique et humain. Donc, où sont les objectifs sociaux, environnementaux, éthiques de cette Agence? Citer la CRES ou l'ARACT au détour d'une phrase en fin de chapitre ne suffit pas.

 

En troisième lieu, nous ne cesserons de rappeler que les organismes créés par la région doivent être cohérents avec les votes de notre hémicycle. Ainsi, nous trouvons anormal que cette agence ne comporte aucun représentant ni économique, ni social, ni politique de la Loire-Atlantique. L'économie est pourtant le vecteur le plus efficace à une réunification effective et non fantasmée. Ouvrir ou non les portes de cette agence à la Loire-Atlantique ne dépend que de vous, Monsieur le Président.

 

Enfin, et même si nous savons que certains d'entre eux ne le souhaitent pas, nous trouvons tout autant anormal que les syndicats de salariés ne soient pas représentés au directoire. C'est un choix politique s'agissant d'une structure financée pour l'essentiel par la Région, donc par la collectivité publique.

 

Pour toutes ces raisons, nous nous abstiendrons sur ce bordereau. Comme vous l'avez compris, c'est une abstention très motivée et dynamique. L'outil est nécessaire, mais sa finalité et sa gouvernance présentent trop de lacunes pour que nous vous apportions notre soutien.

 

 

 

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