Session plénière de février 2011: économie

Publié le par Groupe des élus UDB

Mona

 

 

Mona Bras - groupe UDB autonomie et écologie

Intervention sur la mission II

 

 

 

 

 

 

 


Programme 225 "Développer l'économie sociale et solidaire, aider l'emploi associatif et l'innovation sociale".


 

Monsieur le Président, chers collègues,

 

Je commencerai par défendre la proposition que les groupes UDB et EELV de doubler le budget alloué à l'économie sociale et solidaire (ESS) d'ici à 2015. Ce qui constituerait de notre point de vue un affichage volontariste pour cette porte d'entrée essentielle de l'innovation.

 

Nous savons que l'ESS en Bretagne veut changer d'échelle, se développer, et qu'elle compte sur les collectivités, dont la nôtre, pour relever ce défi qui sera aussi celui de la recherche de passerelles et de complémentarités avec les entreprises bretonnes des différentes filières. Au regard des baisses de budget du programme 225, soit 10% de baisse par rapport à 2010, nous ne sommes pas certains que la mise en place du PIA, programme d'investissement d'avenir, soit de nature à avoir un véritable effet levier ni être structurant dans ce secteur au champ très large. Le budget ne donne-t-il pas l'impression de traiter l'ESS comme le parent pauvre de l'économie ? Dans un contexte fragilisant pour les associations et contraignant pour les collectivités, nous aurions souhaité une identification budgétaire et un portage politique plus volontariste pour ce secteur au service du mieux vivre ensemble en Bretagne.

 

Par ailleurs si nous soutenons la coopération agricole avec l'Afrique de l'Ouest dans le sens de la souveraineté alimentaire, nous rappelons que le programme conçu en 2009 envisageait la coopération avec 7 régions d'Afrique de l'Ouest avec un transfert des connaissances et des formations agricoles. Le resserrement de la coopération sur une seule région, celle de Ouagadougou, demande une explication.


 

 

 

 

Programme 230: 

« Favoriser le développement durable de l'agriculture et de la production alimentaire »

 

Dans le document du CESER intitulé «Sept orientations prioritaires pour la Bretagne» , nous ne pouvons que nous reconnaître dans la définition du développement : «Impulser un nouveau modèle de développement de la Bretagne, durable, endogène et ouvert à l'international et s'appuyer sur un développement territorialisé.»

 

Ceci me permet de faire le lien avec le programme 230. Monsieur le Président, j'ai participé avec quelques uns d'entre nous, à la conférence du 25 janvier à Bruxelles au Comité des Régions sur l'avenir de la PAC. J'ai pu apprécier la hauteur des débats et propositions qui convergeaient pour non seulement sauver mais développer l'agriculture sans oublier les agriculteurs. La position commune aux quatre régions de l'ouest de la France a été élargie et adaptée à plus de cinquante régions agricoles européennes, et ce autour d'une approche citoyenne de cinq défis majeurs pour le XXIè siècle : les défis alimentaire, économique, sociaux, environnementaux et territoriaux.

 

C'est dans cette même logique que les groupes UDB et EELV ont déposé des amendements. René Louail vient d'en présenter la philosophie. Mon intervention vient compléter ses propos.

 

Nous constatons que chaque année la région Bretagne importe plus de 2,5 millions de tonnes d'équivalent soja pour nourrir ses animaux hors sol. La plupart du temps, ce soja est importé au détriment de l'agriculture nourricière et est un soja OGM. L'augmentation continue du coût de l'aliment du bétail du à la spéculation sur les matières premières, la dépendance aux protéines végétales importées au prix d'une grande empreinte écologique qui provoque l'exode rural de millions de petits paysans au sud, sont autant d'éléments allant dans le sens d'une souveraineté protéinique et alimentaire de la Bretagne. Nous vous proposons Monsieur le Président, à l'instar des Régions Rhône-Alpes et Basse-Normandie qui ont pris de l'avance sur ce dossier en engageant des plans protéines et de réfléchir à un plan breton de production de cultures riches en protéines pour l'alimentation animale.

 

D'emblée, nous proposons un programme de recherche-action sur cette question des cultures de protéines pour l'alimentation animale. Nous avons en Bretagne de nombreux centres en capacité de mener ces recherche-action et expérimentations du Zoopole de Ploufragan à l'INRA de Rennes...

 

Ceci va dans le sens de la sixième résolution adoptée à Bruxelles, les présidents de Régions signataires s'engageant à développer « un système d'aides encourageant davantage les pratiques agricoles les plus vertueuses afin d'évoluer vers plus de durabilité. A ce titre, le soutien à une meilleure autonomie des exploitations, notamment énergétique et protéinique, doit constituer une priorité.»

 

Nous savons que la réorientation de certaines mesures agri-environnemenales permettraient d'amorcer ce processus. Pour l'UDB, l'agriculture a la même importance que les services publics dans la définition du modèle de société, voire de civilisation que nous voulons ou pas pour le XXIè siècle. C'est pourquoi nous défendons le principe du doublement du budget dédié à l'agriculture d'ici 2014. Doubler le budget, c'est donner un signe fort aux agriculteurs de Bretagne. Orienter ce budget vers l'agriculture durable et familiale, c'est donner un signe fort à l'ensemble de la société bretonne.

 

Pour conclure, Monsieur le Président, chers collègues, sans économie sociale et solidaire pas de développement économique. Sans agriculteurs nombreux et justement rémunérés de leur travail, pas de paysages entretenus, pas de tourisme, pas de produits alimentaires sains et de qualité.

Publié dans Agriculture-pêche

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