Session plénière de février 2011: environnement

Publié le par Groupe des élus UDB

Guyonvarch -Christian- Com.R-gion[1]

Conseil régional de Bretagne

Plénière de février 2011

Christian Guyonvarc’h

Mission 6

 

 

 

 

 

 

Monsieur le Président,

 

On ne peut évidemment que partager les orientations générales de cette mission, je cite: «  orienter durablement la Bretagne vers une nouvelle voie de développement, favorisant l'émergence de modèles économiques sobres en carbone, limitant l'épuisement des ressources naturelles, favorisant la création de valeur ajoutée et pérennisant l'emploi ». Ces orientations étant posées, il faut que la logistique suive.

 

Dans le cadre de sa politique de l'eau, le CRB articule ses interventions autour des SAGE et des Établissements Publics Territoriaux de Bassin (EPTB), lesquels vont prochainement lever de nouvelles taxes pour financer leurs actions. Les outils se mettent en place, cela a pris énormément d'énergie et de temps et consommé de nombreux moyens. Les structures se croisent et se superposent, ce qui n'est pas sans nuire à l'efficacité des dispositifs. Le vice-président Thierry Burlot n'a pas manqué de le souligner publiquement. Dans cet enchevêtrement, nous disons: attention aux confusions entre les objectifs et les actions. Rappelons ici que la priorité, ce qui doit guider les actions de la Région, c'est bien le préventif et non le curatif. Sinon la politique du sapeur camember n'en finira pas de faire son trou.

 

Fort logiquement, nous ne cautionnons pas l'accompagnement du plan de l'Etat dit « plan du lutte contre les algues vertes ». Les objectifs de retour au bon état écologique des eaux ne seront pas atteints. Chacun a en tête la directive cadre européenne, et l'échéance de 2015. Nous y reviendrons au moment du débat sur le bordereau consacré à ce sujet.

 

Sur le programme 612. Pour une politique durable de l'énergie, si nous partageons un certain nombre de constats et d'actions préconisées, nous réitérons notre opposition ferme au projet de centrale électrique au gaz de Guipavas-St Divy qui est un non sens économique, environnemental et social que vous vous fixez. Un projet qui menace aussi les objectifs en matière d'économie et de production par les énergies renouvelables.

 

Les groupes UDB et EEB ont proposé un amendement visant à réduire le poids du chauffage électrique en Bretagne. Le 6 janvier dernier, lors du débat consacré au « pacte électrique breton », nous avions souligné l'impasse totale faite sur le problème du chauffage électrique, cause majeure des pointes de consommation par grand froid et problème pourtant bien identifié par le B15 dans un document de novembre 2009. J'en ai rappelé les bonnes feuilles avant-hier. Notre message du 6 janvier a été entendu... un peu. Mais écrire en tout et pour tout dans le rapport qui nous est soumis : « la prise en compte des modes de chauffage alternatif au chauffage électrique fera l'objet d'une attention particulière », c'est un peu peu! Prendre en compte comment, avec quels moyens? Mystère.

 

Pour notre part, nous préconisons un plan de substitution de 45000 installations de chauffage électrique par un mode de chauffage alternatif. Cette « prime à la casse du chauffage électrique » permettrait d'atteindre deux objectifs : sécuriser l'approvisionnement électrique de la Bretagne et lutter contre la précarité énergétique.

 

Notre amendement n'a pas été retenu. Bien sûr, on peut nous opposer des arguments techniques et budgétaires. Pour autant, la problématique de l'amélioration de la qualité des logements en Bretagne est réelle et non contestée, du mode de chauffage à l'isolation en passant par la qualité des matériaux, y compris les matériaux locaux. Chacun est conscient de l'enjeu économique de structurer en Bretagne la filière dite « éco-construction » qui sera productrice de richesses et d'emplois. Ce que nous attendons aujourd'hui, c'est que la réflexion sous-jacente à notre amendement sur une prime à la casse du chauffage électrique ne soit pas balayée d'un revers de main, mais plutôt mise en perspective et inscrite urgemment dans le calendrier du Conseil régional.

 

Nous demandons également que la Région étudie l'opportunité de la réalisation d'une station de transfert d'énergie par pompage à Guerlédan. C'est l'objet de l'amendement 27. Un potentiel d'environ 700 MW, disponible au moment de la consommation de pointe et de nature à valoriser la production des éoliennes, terrestres aujourd'hui, marines demain, aux heures creuses de consommation, cela mérite que le Conseil régional se saisisse pleinement du dossier pour bien le jauger.

 

Pour conclure, nous voulons rappeler notre soutien au programme Eco-Faur. Le rapport de la mission 1 annonce que la réflexion sur les éco référentiels va pouvoir innerver les autres politiques de la Région. Nous serons très attentifs à ce que cela se concrétise.

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