Session plénière de février 2011: lycées

Publié le par Groupe des élus UDB

Naig

Intervention Naig le Gars,

Mission 4

 

 

au nom des groupes UDB et EELV

 

 

 

 

 

 

Monsieur le Président,

 

Concernant la mission IV, nous approuvons l'introduction générale, et bien sûr nous soutenons l'amendement apporté sur la gouvernance des Centres d'apprentissage, qui nous tient à cœur, ainsi que celui sur l'ouvrage sur l'histoire de Bretagne, que nous espérons voir prochainement entre les mains des jeunes bretonnes et bretons.

 

Sur le programme 413, développer les langues de Bretagne, je ne m'étendrai pas, étant donné que nous avons abordé les problèmes de l'enseignement dans la question orale. J'insisterai cependant sur la nécessité, et même l'urgence à réunir les groupes de travail régionaux, comme nous l'avons suggéré dans un de nos amendements.

 

Car au-delà de toutes les considérations sur la gouvernance, et les compétences, il importe d'inverser la tendance négative, et de changer de braquet pour reprendre la main sur le dossier (à l'inverse de ce que préconise le rapport Broudic). J'irai même plus loin, le Recteur s'est vanté de dépenser 23 M. d'euros pour l'enseignement bilingue. Et bien, qu'on nous les donne, et on en fera meilleur usage! En attendant, nous devons nous atteler à 2 tâches principales : l'information des familles, et le recrutement et la formation des enseignants.

 

Pour le reste du programme, nous attendons que la Région aille au-delà des symboles, des affichages qu'elle manifeste. C'est bien en effet de traduire les publications et les quelques textes officiels, encore que l'absence des langues régionales dans la promotion de la marque Bretagne, a suscité des critiques légitimes. Mais quid des sites de la Région, ou liés à la Région, et les transports, pour lesquels notre collègue semble peiner à faire figurer sa langue maternelle? Quid de la signalétique dans les bâtiments de la Région? Nous sommes encore loin de la « Région exemplaire » comme l'affirme l'agenda 21.

 

Pour ce qui concerne les pratiques culturelles, nous soutenons bien sûr l'amendement concernant le théâtre, et rappelons la nécessité d'une forte synergie avec la mission 7, tant du point de vue politique, que du point de vue des services.

 

Au sujet du PPIlycées, les orientations mises en oeuvres sont cohérentes et nous soutenons ce programme. Néanmoins, je souhaite faire quelques remarques.

 

La question de la concertation est centrale. Le groupe de suivi doit-être reconduit et renforcé (notamment en direction des personnels des établissements) Les Conseillers régionaux doivent être étroitement associés à la gestion des établissements, y compris sur les travaux. En bref, il faut sortir du face à face services de la Région-chefs d'établissement.

 

Si le PPI doit-être la référence en matière de conduite des travaux, il doit faire l'objet d'une forte anticipation (notamment pour les projets de construction), et dans le même temps, il doit pouvoir s'adapter aux nouveaux besoins et aux contraintes, comme aux imprévus. De ce fait, la dotation travaux hors PPI devrait être augmentée, afin que la Région soit plus réactive.

 

Toujours sur les Lycées : un suivi doit-être établi concernant l'Agenda 21, sur tous les aspects de ses préconisations. Il doit faire l'objet d'une évaluation régulière.

 

Le dispositif des chèques livres doit faire l'objet d'une comparaison avec celui des autres Régions, en vue de s'assurer de sa pertinence dans le cadre actuel (chèque aux familles).

 

Sur l'apprentissage, nous avions déjà dénoncé son instrumentalisation par le gouvernement pour justifier les économies dans l'enseignement professionnel et technologique, et pour exclure du système éducatif, les jeunes de niveau IV (CAP) au profit des centres d'apprentissage. La Région ne soutient pas cette politique, mais l'action néfaste est déjà en marche, car beaucoup de demandes d'ouverture de CAP en lycée pro sont refusées cette année.

 

Quant à la Région, elle doit accompagner les jeunes dans les entreprises, notamment les TPE (de plus en plus réticentes à recruter des apprentis) et trouver une solution aux ruptures de contrat (21,4 % selon le GREF, et le taux de rupture s'aggrave pour les plus jeunes : 35,7 % chez les 16 ans). La nécessaire réflexion sur le « décrochage des jeunes » doit donc prendre en compte le décrochage scolaire, mais aussi les exclus de l'apprentissage.

 

Sur l'Enseignement supérieur et la Recherche. Notre conception de l'enseignement supérieur et de la recherche, et son implantation en Bretagne sont aux antipodes de la logique du grand emprunt, calqué sur le modèle américain. C'est tellement vrai que la Région est bien mal servie, si l'on en juge par les premiers résultats des équipements d'excellence sélectionnés : 3 projets bretons sélectionnés sur 52...

 

Face au système qui organise la concurrence entre les universités, le PRES Université Européenne de Bretagne doit plus que jamais être une réponse coopérative dans notre région. Il faut dès aujourd'hui l'élargir au domaine de la formation, par la concrétisation notamment, du campus numérique. De même, la Région ne doit pas cautionner les velléités de certaines Universités à conclure des accords isolément, et en concurrence avec les autres. Le CCRDT doit-être l'espace de dialogue et de régulation à cet effet.

 

Enfin, la coopération entre les agglomérations rennaise et nantaise en matière d'enseignement supérieur et de recherche sera profitable à la Bretagne tout entière si et seulement si elle s'élargit à l'agglomération brestoise. C'est sur la base de ce trépied que la Bretagne trouvera son équilibre.

Publié dans Budget

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