Session plénière de février 2012: budget transport

Publié le par Groupe des élus UDB

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Conseil régional de Bretagne
session des 2, 3 et 4 février 2012

mission V: pour des transports efficaces au service des personnes et de l'économie

intervention de C. Guyonvarc'h
au nom du groupe UDB, autonomie et écologie

 

 

 

 

 

 

 

Programme 511: développer le transport ferroviaire

La politique ferroviaire de la Région a notre soutien constant. Nous saluons les initiatives de la billettique KorriGo et du service web BreizhGo qui concourent à développer l'intermodalité sur l'ensemble du territoire de la Région Bretagne. Pour autant, deux observations.

Le prix du train augmente très régulièrement, au-dessus même de l'inflation, ce qui conduit un certain nombre de jeunes à préférer le co-voiturage. Aujourd'hui c'est une vraie concurrence du train. Nous savons qu'actuellement la Région est confrontée plutôt à une situation de forte affluence sur les TER en interurbain, ce qui l'a conduite à passer commande de nouveaux trains à deux étages pour une facture de 200 millions d'euros. Il ne faudrait pas qu'une évolution tarifaire dissuasive détourne une partie du public jeunes du train et, en définitive, réduise la rentabilité du matériel roulant à venir.

Programme 512: moderniser le réseau ferroviaire et favoriser le développement du fret

Dans la mise en oeuvre de Bretagne Grande Vitesse, notre groupe restera attentif à ce que les travaux que la région finance et financera fasse en sorte que les temps de déplacement entre la pointe bretonne et Rennes ne soient pas supérieurs au temps de parcours entre Rennes et Paris. L'amélioration indispensable des liaisons entre Brest et Nantes aura aussi tout notre soutien.

Au sujet des travaux d'aménagement des pôles d'échange multimodaux nous approuvons la programmation inscrite au BP 2012 et réitérons notre demande que la langue bretonne trouve toute sa place dans la nouvelle signalétique.

Programme 531: moderniser les ports à vocation régionale

Les ports maritimes témoignent, s'il en était besoin, de la pertinence et de l'efficacité de la régionalisation. Avec le transfert de compétence intervenu en 2007 la Région a hérité de l'Etat des infrastructures souvent vieillissantes, voire obsolètes sur lesquelles notre collectivité a dû engager rapidement des investissements conséquents.

Au-delà d'une simple remise à niveau, ces investissements de la Région sur les ports de Brest, Lorient et St-Malo ont permis d'engager une nouvelle dynamique, par exemple avec la construction du quai Panamax à Lorient et le lancement d'un plan ambitieux de développement à Brest qui devrait permettre notamment d'y accueillir des activités stratégiques dans le secteur innovant des énergies marines. Les crédits proposés au budget 2012 s'inscrivent dans cette dynamique et nous les soutiendrons. Nous appuierons aussi la démarche engagée, à partir du cas de Lorient, en faveur d'un traitement à terre des boues de dragage contaminées, en étant très attentif à ce que cette démarche devienne la norme dans l'ensemble des ports bretons, quelle que soit la nature de leurs activités.

Enfin, nous réitérons notre demande pour que la Conférence stratégique portuaire régionale dont vous avez pris l'initiative, Monsieur le Président, intègre dans ses travaux la problématique du Grand Port de Nantes-St-Nazaire sans lequel la Bretagne aura le plus grand mal à retrouver sa vocation maritime internationale. A cet égard je voudrais souligner que l'autoroute de la mer St-Nazaire – Gijon enregistre un succès assez inespéré dans un contexte défavorable sur le plan macroéconomique puisque la compagnie Louis Dreyfus Lines a transporté 18.000 camions en 2011 pour un objectif initial de 13.000. Ce résultat a conduit l'opérateur à monter en puissance plus vite que prévu en passant dès 2012 à 6 rotations hebdomadaires au lieu de 3. Le succès de la la ligne St-Nazaire – Gijon conduit le Grand Port de Nantes-St-Nazaire à envisager d'ouvrir une seconde autoroute de la mer entre Le Havre et Gibraltar qui ferait escale à St-Nazaire et Vigo. Il est désolant que la désunion administrative de la Bretagne nous empêche d'entrer dans cette dynamique, vertueuse tant économiquement qu'au plan environnemental.

Programme 532: moderniser les aéroports à vocation régionale

La Région Bretagne n'a toujours pas engagé la réflexion sur un schéma aéroportuaire que réclame le groupe UDB depuis des années. Cependant, nous notons avec satisfaction que, pour la première fois en commission aménagement, cette idée a été évoquée. Merci, Monsieur le Président, de nous confirmer qu'un tel schéma est envisagé.

Aujourd'hui, en France, le transport aérien est extrêmement centralisé sur les plate-formes parisiennes. Celles-ci concentrent 75% du trafic aérien français. En 2011 la seule hausse du trafic passagers à Roissy et Orly (+ 4 millions de personnes) est équivalente au trafic aérien de la Bretagne à 5 départements. Cette centralisation, la concentration qu'elle induit obligent les passagers à effectuer des sauts de puce entre différents points de Bretagne et Paris afin d'accéder à des vols internationaux, ce qui joue en négatif sur le bilan carbone de la Bretagne et de l'Ile-de-France puisque le trafic aérien pollue surtout au décollage.

Un des leviers sur lequel il nous est possible d'agir à ce jour serait de réduire le nombre d'aéroports dans notre Région en fermant progressivement les moins fréquentés. Soyons francs, avec Bretagne Grande Vitesse les aéroports continentaux d'extrême proximité ne seront plus souhaitables, tant écologiquement que financièrement.

Pour le groupe UDB l'objectif premier d'un schéma aéroportuaire est de permettre la mise en place d'une véritable politique aéroportuaire bretonne, complémentaire d'une réflexion plus globale tant au plan hexagonal qu'européen. Le second objectif d'un tel schéma est de penser les transports et déplacements de façon complémentaire et non concurrentielle. Dans le projet de budget il nous est demandé de financer un certain nombre d'investissements sur les aéroports sans avoir défini la vision stratégique qui les sous-tendrait. Pour l'UDB la bonne gestion des fonds publics commande que le schéma soit réalisé avant d'engager des investissements coûteux qui pourraient s'avérer inutiles. Que notre collectivité finance à la fois la ligne à grande vitesse et des aéroports dont les seules lignes régulières sont à destination de Paris n'est pas une politique tenable.

L'aéroport de Saint-Brieuc, que le budget de la Région se propose de continuer à accompagner (alors que des acteurs locaux se proposent de le reconvertir en piste automobile!), a moins de passagers annuels que l'aérodrome de Ouessant qui, lui, pourrait voir son activité réduite alors qu'il a sans doute plus de raison d'être, en termes de continuité territoriale et de sécurité.

Réorganiser le trafic aérien, en prenant en compte dès à présent l'aéroport de Nantes, permettra en outre de regrouper les activités de fret, donc de parvenir plus facilement à des tonnages justifiant un investissement public.

Dans l'attente du schéma aéroportuaire breton que nous appelons de nos voeux depuis longtemps, notre groupe s'abstiendra sur le programme 532.

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