Session plénière de février 2012: Projet régional de santé

Publié le par Groupe des élus UDB

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Session Plénière Février 2012
Avis de la Région Bretagne sur le projet régional de santé (PRS)

Groupe UDB

Intervention de Mona Bras

 

Monsieur le Président, chers collègues,


Le droit à la protection de la santé figure à l’article 11 du préambule à la Constitution de 1946 et le système français a été reconnu comme l’un des meilleurs systèmes de soins au monde par l’OMS en 2000. Hélas, depuis, les choses ont changé, beaucoup changé, et pas dans le bon sens.

Le PRS fait preuve de centralisme sanitaire. La gouvernance et la gestion managériale prennent le pas sur la démocratie sanitaire, les logiques de santé publique forcément différentes selon les territoires et les populations sont uniformisées dans une logique descendante. Difficultés géographiques d'accès aux soins, difficultés financières d'accès aux soins, le PRS multiplie les obstacles.

Le PRS ne répond pas à une question fondamentale: le lien inégalité sociale et inégalité de santé alors que le nombre de personnes qui renoncent aux soins pour des raisons financières est passé de 11% en 2009 à 23% en 2010 et à 30% en 2011.

Globalement, le PRS ne répond pas aux besoins sanitaires et sociaux des Bretonnes et des Bretons, la santé et la prévention semblent désespérément les parents pauvres des politiques publiques de l'Etat en Bretagne, dans l'ensemble de la casse des services publics. Le numerus clausus des études médicales est passé de 8 588 places en 1971 à 3 576 en 1992, expliquant la forte réduction du nombre de médecins en activité. Le choix de mesures plus dirigistes (comme une localisation géographique imposée aux jeunes médecins à la fin de leur formation) est encore écarté, même si le Haut conseil pour l’avenir de l’assurance-maladie s’était interrogé en 2004 sur « le bien-fondé de la totale liberté d’installation des professionnels de santé libéraux ». Le PRS privilégie le curatif au détriment du préventif alors que l'OCDE classe depuis des années la France, qui n'y consacre que 6% de son budget santé,  dans la catégorie des mauvais élève en politique de prévention.

Aussi, nous vous suivront, Monsieur le Président dans votre avis négatif sur le PRS. Au regard du niveau d'efficacité et d'efficience de notre collectivité dans les compétences transférées ou choisies, nul doute que la santé publique trouverait son compte à un transfert de la compétence santé aux Régions. La qualité des orientations de la politique de santé du Conseil Régional au service du bien-être des Bretons en est la preuve.

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