Session plénière de mai 2011: dossier pêche

Publié le par Groupe des élus UDB

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Conseil régional de Bretagne

Groupe UDB

Interventiond'Herri Gourmelen

 

Intervention sur le bordereau « pêche ».

 

 

 

 

 

 

 

Monsieur le Président, Mme la vice-présidente, chère compatriote Malouine,

 

Votre vigilance quant au devenir de la politique européenne des pêches est légitime eu égard à ce que représente cette activité pour la Bretagne. Quelque remarques sur un bordereau que nous voterons.

 

1° Ecologie et pêche ne sont pas incompatibles. On peut lutter contre la surpêche sans réduire de façon aussi drastique le nombre de navires. Il faut distinguer entre les types de pêche: pêches artisanales de patrons embarqués, pêches industrielles qui raclent les fonds et détruisent tout sur leur passage. Par ailleurs, la pollution des eaux et singulièrement des eaux littorales est largement due aux activités terrestres.

 

Concernant l'aquaculture, nous ne pouvons qu'approuver la proposition d'inclure des indicateurs de développement durable. Bornons-nous à citer cette phrase extraite de l'avis de l'ARF pour une Politique commune de la pêche durable et innovante: « Il est paradoxal qu'aujourd'hui l'aquaculture prospère sur la base d'une logique d'exploitation du poisson sauvage pour nourrir le poisson d'élevage, sans sélectivité et avec des ratios qui défient les exigences de la protection de la ressource ».

 

2° La politique européenne de Quotas individuels transférables (QIT) est dangereuse car elle va, comme l'a dit très bien Anne Saglio du collectif pêche et développement au CESER le 12 mai dernier, « concentrer les droits de pêche » à certaines entreprises, ceux qui disposent de capitaux suffisants. On pense évidemment aux gros armateurs tels que la Scapêche, filiale d'Intermarché, pas aux petits patrons endettés jusqu'au cou et de plus en plus dépendant des cours du pétrole et voués à terme à promener des touristes plutôt qu'à pratiquer leur métier!

 

3° Le volet « conditions de travail, sécurité des équipages » est lié à la question du renouvellement d'une flottille vieillissante: 25 ans pour la flottille bretonne. Des bateaux confortables et sûrs ne peuvent que renforcer l'attractivité de métiers difficiles, des bateaux neufs, ce sont aussi des bateaux plus économes et adaptés à une pêche efficace et durable. « Rendement maximum durable ». Il convient également de s'entendre sur des règles sociales minimales afin notamment d'empêcher l'exploitation des non-communautaires.

 

4° Pour nous, le coeur du problème reste la gouvernance, autrement dit le rapport qui existe entre la Commission, les chercheurs (d'Ifremer notamment) et les pêcheurs eux-mêmes car ce sont eux les sentinelles, ce sont eux qui constatent et qui souvent critiquent des décisions en décalage avec leurs observations. La gestion locale a prouvé qu'ils étaient capables de mener une politique responsable: en témoigne la reconstitution des stocks pour la coquille St Jacques par exemple. En d'autres termes, il est urgent d'écouter en amont et en aval à commencer par les professionnels, premier concernés.

 

A propos de gouvernance, si celle-ci ne peut plus être exclusivement bruxelloise, il faut également que les Etats et d'abord Paris acceptent de jouer le jeu de la régionalisation, car comme vous le dites dans votre voeu sur la maritimité « une concentration des pouvoirs décisionnels au sein de l'Etat ne permet pas de relever les enjeux de la gestion durable de la mer et du littoral ». C'est particulièrement vrai pour la pêche « activité structurante pour les régions, mais pas pour les Etats » pour reprendre une expression entendue lors de la réunion de l'AGLIA à St Malo.

Publié dans Agriculture-pêche

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