Session plénière de mai 2011: politique culturelle

Publié le par Groupe des élus UDB

Naig

 

 

 

Conseil régional de Bretagne

Groupe UDB - Autonomie et écologie

 

Intervention de Naig Le Gars : politique Culturelle Générale.

 

 

 

 

 

D'emblée nous souscrivons à la philosophie de ce rapport, et aux principes qu'il promeut quant à la place et au rôle de la culture. Ils sont constitutifs de la Bretagne, de Nantes à Brest et de Clisson à Saint Malo, comme nous le rappellerons le 18 juin à Nantes. Car s'il n'y a pas de démocratie sans artistes, plus exactement sans artistes libres et reconnus (quelles que soient par ailleursleurs choix artistiques), il n'y a pas non plus de démocratie culturelle sans la Bretagne dans son intégralité et sa diversité (cf châteaudes Ducs à Nantes). J'ajoute que nous nous inquiétons vivement de l'assoupissement de la commission mixte Région Bretagne – Conseil général de Loire-Atlantique, qui vivote sur ses acquis du mandat précédent, comme de la non application d'une décision pourtant votée à l'unanimité de notre assemblée il y aura bientôt un an, à savoir la création d'un groupe de travail sur la réunification de la Bretagne. Ce ramollissement est un bien mauvais signal envoyé aux Bretons comme aux instances politiques qui ont un rôle majeur à jouer pour mettre fin à ce déni de démocratie. Réveillez-vous, Monsieur le Président!

 

S'agissant du rôle et de la place de la culture, ils justifient l'ambition et les efforts budgétaires que lui consacrent la Région et vous même M. le Vice Président.

 

Cet engagement est d'autant plus nécessaire que nous sommes dans une période de grande incertitude, tant du point de vue institutionnel (avec la funeste réforme territoriale), que du point de vue financier. Nous avons bien noté la baisse d'engagement des départements, et nous connaissons déjà celle récurrente et sélective de l’État. Confère ce rapport de la cour des comptes du 30 mars dernier sur la gestion ministérielle des musées nationaux dont je vous cite un extrait marquant :

 

« II - Une politique nationale de plus en plus parisienne

 

Dans son rapport public thématique de décembre 2007 « Les grands chantiers culturels », la Cour des comptes avait critiqué la forte concentration sur l’Ile-de-France des grands investissements du ministère de la culture, qui faisait subir aux régions une « double peine » : non seulement celles-ci étaient tenues en lisière des principales opérations visant à créer de nouveaux équipements, mais de surcroît, par un effet de vases communicants, les dépassements de coûts constatés sur les grands chantiers franciliens tendaient, à la longue, à assécher les crédits disponibles pour les opérations de restauration du patrimoine en région (…) Si l’on considère le seul secteur des musées nationaux et la décennie 2000-2010 dans son ensemble, le constat de la concentration parisienne des investissements publics est particulièrement accusé ». 

 

Et la Cour des comptes d'ajouter: « les grands bénéficiaires ont été plus que jamais les Parisiens et les Versaillais âgés et aisés ». Et le président Migaud de conclure: « Cette politique n'est pas soutenable ».

 

Ces écrits ne sont pourtant pas ceux d'un autonomiste déclaré.

 

Dans ce contexte tendu et eu égard à ses moyens limités (tant qu'on n'a pas l'autonomie précisément), on comprend bien que la marge de manœuvre de la Région est réduite, en matière de politique culturelle notamment. Quelles que soient ses intentions, elle ne peut pas tout faire. Mais surtout, elle doit aller au-delà des intentions. C'est ce qu'on peut reprocher à ce document, prolixe sur les finalités et les principes d'action : démocratie délibérative, co-construction, consultation élargie, et travail en réseau.

 

On ne peut qu'approuver les 7 « grands chantiers du mandat », mais le document est peu concret sur les modalités d'application, ainsi que sur les moyens (en terme de déploiement budgétaire et humain) qui permettraient de réaliser ces objectifs. Je pense à la dimension territoriale, au processus de décision pas toujours transparent du point de vue de l'instruction des dossiers et des réponses apportées. De plus on relève quelques contradictions avec le rapport publié lors de la session budgétaire qui imposait des critères assez stricts.

 

A propos des « chantiers », nous approuvons totalement la « nouvelle impulsion en faveur du Patrimoine Culturel Immatériel».

 

Comme nous approuvons le lien établi avec les outils de la Charte culturelle de 1978 dont l'adaptation est opportune dans le cadre de la future bibliothèque numérique. Là encore, nous sommes dans l'attente de mesures concrètes, et nous suggérons d'inclure l'IRPA à la réflexion et à l'élaboration des nouveaux outils.

 

Il en est un, en l’occurrence, qui mériterait plus de reconnaissance de la part de la Région, je veux parler du Conseil Culturel rénové et placé au côté des deux assemblées régionales pour les stimuler et les conseiller sur tous les sujets en rapport avec l'identité de la Bretagne. Cette institution nouvelle et originale en métropole pour laquelle notre groupe politique s'était beaucoup mobilisé lors du mandat précédent, hébergée dans nos locaux, peine encore à trouver sa place. Il conviendrait de plus l'impliquer dans la politique culturelle régionale en l'associant à l'élaboration de cette politique, et surtout, en aval, en lui confiant la mission d'évaluation de nos politiques.(c'est un aspect, à notre avis trop peu présent dans ce programme). Je pense notamment aux EPCC, dont nous avions suggéré qu'ils puissent être invités aux travaux et auxsessions du Conseil Culturel.

 

Pour ce qui est de l'EPCC spectacle vivant, on peut s'interroger sur son efficience. Il devrait-être le maître d’œuvre de la politique de la Région en matière de résidence des artistes et de diffusion des créations artistiques; c'est un vrai problème et un gâchis car les aides sont souvent concentrées sur la création et il n'y a pas de soutien à la diffusion.

 

Je terminerai par une critique que j'ai déjà formulée à propos du FACCA (Fond d'aide à la création cinématographique et audiovisuelle). En effet, la réforme du système a conduit à l'éviction des élus du choix des projets au sein des Comités de lecture, où ils n'ont plus qu'un droit d'avis. Excusez-moi, je ne rechigne pas à la tâche, mais passer un temps fou à lire des projets, perdre une demi-journée à se rendre à Rennes pour simplement donner un avis, je dis non. Résultat, je n'y vais plus, et je le regrette car je me suis efforcée d'y être assidue durant 7 ans. Et Sylvie Robert pourra en témoigner, les élu(e)s ont souvent pesé afin de faire accepter des projets, qui pour des raisons contestables du point de vue de l'intérêt artistique ne recueillaient pas les suffrages des professionnels. A ce propos, je rappelle le regret déjà exprimé (y compris parmi les représentants du secteur audiovisuel au sein du Conseil Culturel rénové) que n'y figurent pas des brittophones. Quant au Comité de développement de la filière audiovisuelle, qui ne s'est encore jamais réuni, on a du mal à cerner son rôle. Doit-il se déterminer sur les mêmes projets que le FACCA? Ne fait-il pas doublon. ? Bref, tout cela paraît lourd et confus. Je pense qu'il faudra revoir la copie.

 

Ces remarques étant faites, notre groupe votera le bordereau et affiche d'emblée une bienveillance vigilante quant à l'évolution et la mise en œuvre de ce programme.

Publié dans Culture et Sport

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