Session plénière de mai 2011: SCORAN + Bretagne numérique

Publié le par Groupe des élus UDB

biblio_numerique.jpg

 

 

 

Session plénière du Conseil régional de Bretagne des 24 et 25 mai 2011

Intervention de Mona BRAS pour le groupe « UDB-Autonomie ~écologie »

 

« Bretagne très haut débit - Schéma de cohérence régionale sur l’aménagement numérique du territoire »

 

Monsieur le Président, chers collègues,

 

La Bretagne a toujours été en pointe en matière de télécommunication et chacun mesure bien la nécessité de ne pas rater le coche technologique ! N'est-ce pas, à l'époque, le pôle de Lannion qui mis au point le Minitel? N'est-ce pas encore Lannion qui fut une ville test pour l'ADSL de France Telecom à la fin des années 90? Et Lannion encore qui testa la fibre optique? Alors oui, les élus UDB partagent l'ambition de ce bordereau d'assurer l'accès pour tous à internet et de conforter la filière TIC historique de la Bretagne, l'un des pôles de haute-technologie implanté dans notre région.

 

Le très haut débit mérite donc un très haut débat. Or, si nous soulignons la qualité du document et l’effort pédagogique de sa présentation dans toutes les commissions, par contre, la méthode et le calendrier imposé par l'Etat nous semble peu compatible avec les enjeux de ce dossier tant sur le plan social que sur le plan financier.

 

Le calendrier de l'Etat impose des cadences qui forcent les collectivités territoriales à travailler à flux tendu, sans recul et sans réelle visibilité. L'urgence ne permet pas la nécessaire phase de réflexion et de calage entre les collectivités.

 

Avec une estimation de 30 milliards d’euros d’investissements pour fibrer 100% du territoire hexagonal et seulement 2 milliards d’euros de fonds publics d’Etat, nous ne pouvons que constater le faible niveau d'engagement financier de l'Etat, moins de 10% du coût du projet global. Les besoins d'investissement pour notre région administrative sont de l'ordre de 2,3 milliards d’euros. Une somme colossale qui sera difficile à mobiliser d'autant que nous n'avons aucune confiance dans la pérennité de l'engagement de l'Etat. D'après le bordereau, 10% du territoire de la Bretagne administrative serait couverte par les opérateurs privés, laissant 40% de la population sans accès. On voit bien là toute la logique du système libéral: privatiser les bénéfices et socialiser les pertes!

 

Si nous voulons que la prospérité numérique n’oublie pas toujours les mêmes en chemin, une véritable volonté de péréquation numérique est nécessaire. Le monde rural est-il condamné à devenir désert médical et hospitalier, désert judiciaire, désert scolaire, désert numérique? Incompréhensible à l’heure où l’on parle de reterritorialiser les activités humaines et économiques à la veille de grands chambardements énergétiques.

 

Cependant, si nous partageons l'idée qu'il est nécessaire pour chaque foyer breton de disposer d'une connexion à internet, doit-on avoir le très haut débit partout? A-t-on, en Bretagne, les moyens d'avoir des autoroutes partout?

 

Comprenez nos interrogations, Monsieur le Président! En cas d'insuffisance de financement, les zones rurales risquent de rester sans connexion, ni très haut débit, ni même haut débit... ou d'y accéder mais dans un laps de temps si important que la fracture numérique, celle que vous craignez justement, aura déjà eu lieu.

 

Du point de vue de la santé publique, les élus UDB rappellent leur exigence du respect du principe de précaution. Or, les technologies Wimax, Wifi et sans fil en général font courir des risques sanitaires aux populations.

 

La dernière résolution du Parlement européen votée à l’unanimité le 11 avril 2011 reconnaît une attaque générale de la Santé Publique par les émissions du groupe technologique de la téléphonie mobile, l’article 8-1-1 de la Résolution demande de réduire l’exposition aux émissions de la téléphonie mobile, surtout pour les enfants, en raison du risque plus élevé de tumeurs cancéreuses de la tête.

 

(Le Parlement européen demande, à l’article 8-2-1 de cette Résolution, de fixer une Valeur Limite d’Exposition (VLE) à 0,6 Volts/mètre et le faire redescendre à moyen terme à 0,2 V/m afin de garantir la compatibilité sanitaire des technologies de télécommunications sans fil avec la santé humaine. La Résolution rappelle que les technologies filaires, elles, ne sont pas toxiques tout en étant supérieures aux technologies par ondes sur le plan technique. Elle préconise une information réelle et générale de la population en coordination avec les associations. La Résolution préconise une généralisation de relevés permanents de mesures. Ce qui peut se réaliser par des sondes dites en continu avec gestion coordonnée entre autorités locales et associations au niveau des Pays. Elle préconise enfin un financement indépendant pour la Recherche Scientifique, des dispositifs de protection pour les lanceurs d’alerte, et une amélioration de transparence des groupes financiers.)


Les Gouvernements des Pays membres du Conseil de l’Europe sont devant deux possibilités : soit suivre le Conseil de l’Europe dans la prise d’autonomie vis-à-vis de ce qu’on appelle les intérêts économiques, soit poursuivre dans l’état de dépendance au détriment de la Santé Publique. Le SCORAN amendé intègre des préconisations sanitaires et nous nous en félicitons.

 

Concernant Bretagne numérique, la Région décline le numérique dans l'ensemble des politiques régionales et questionne les usages avec une interrogation à laquelle nous n'avons pas forcément de réponse: La relation informatique ne risque-t-elle pas d'étouffer les relations sociales?

 

Globalement, le groupe UDB se retrouve dans les objectifs «Bretagne numérique» : cinq axes d'intervention et les plus de 70 actions notifiées ; et l'UDB espère ne pas lire dans quelques années les mêmes bilans désabusés du CESER sur Bretagne numérique.

 

Nous voterons le bordereau "Bretagne numérique" et nous abstiendrons sur le SCORAN.

Commenter cet article