Session plénière de septembre 2011: charte d'engagement pour les jeunes en Bretagne

Publié le par Groupe des élus UDB

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Conseil régional de Bretagne

Session plénière du 21 septembre 2011

Groupe UDB – autonomie et écologie

 

 

Monsieur le Président, chers collègues,

 

Au nom du groupe UDB, je ferai une première intervention générale sur le bordereau et Christian Guyonvarc'h interviendra sur les amendements déposés par le groupe UDB.

 

Les élus de l’Union démocratique bretonne saluent l’initiative de la Région Bretagne de proposer une charte d’engagement pour les jeunes en Bretagne. Sur la méthode, nous sommes amenés toutefois à émettre un certain nombre de réserves.

 

Dans la phase d'élaboration de ce document, il n'y a pas eu une véritable concertation des instances politiques du Conseil régional à commencer par les commissions de notre assemblée à l'exception de la commission des solidarités. Confronter les idées, ce n'est pas perdre son temps. Cette omission est d'autant plus visible quand elle concerne un sujet, la jeunesse, forcément transversal au niveau des politiques de la Région, quand elle concerne un sujet dont le président du Conseil régional a fait la priorité de son mandat. Avouez également que la démarche d'amendements a été plutôt confuse.

 

Par ailleurs, les consultations externes auraient pu être pu importantes. Le risque étant de produire une politique descendante, les adultes pensent pour les jeunes alors que l'esprit du document pointe la nécessité de faire avec les jeunes.

 

Cette critique de la méthode ne nous empêche pas de voir dans ce document une avancée. Nous serons fidèles à la ligne que nous nous sommes fixée dans cette assemblée: nous opposer quand nous sommes en désaccord, soutenir quand nous estimons que les orientations de l'exécutif vont dans le bon sens, amender quand nous considérons que ce qui nous est soumis peut être amélioré ou enrichi.

 

La phrase page 4 du bordereau explicite les intentions : « Un projet de politique jeunesse doit s’inscrire dans l’universalité – s’intéresser à tous les jeunes – tout en reconnaissant les spécificités territoriales, culturelles, sociales.» C’est donc au regard de cette ambition et de ces objectifs que nous avons appréhendé ce projet de charte. Nous souhaitons ici remercier le CESER, le CCB, le Conseil régional des Jeunes et apprentis, mais aussi les Jeunes de l'Union démocratique bretonne pour leurs contributions.

 

Cohérence politique oblige, nous avons lu le document en nous posant la question suivante : comment peut-on être jeune en Bretagne ? Ou comment peut-on être jeune breton?

 

Dans la première partie fort logiquement, vous justifiez de l’opportunité d’une politique spécifique de la jeunesse en Bretagne dans l’objectif d’améliorer la situation des jeunes et de valoriser leurs initiatives.

 

Pour les élus de l'UDB, plusieurs éléments plaident en effet en faveur d'une politique spécifique de la jeunesse. En premier lieu, la volonté politique d'agir pour améliorer la situation des jeunes, de considérer qu'ils représentent l'avenir de la Bretagne. En second lieu, certains constats sur la situation des jeunes sont alarmants.

 

Nous en reprendrons un qui est lourd de questionnements. La problématique de l'emploi des jeunes est depuis des décennies un problème majeur et disons le : une véritable plaie. Les jeunes sont plus touchés par le chômage que d’autres catégories de population. Ils connaissent des difficultés majeures et réelles d’insertion professionnelle et notamment une plus grande difficulté à décrocher un premier travail. 15 000 jeunes quittent la région administrative chaque année dont 10 000 pour chercher du travail. On sait par ailleurs que ce sont les plus formés et les plus qualifiés qui émigrent le plus. Pour reprendre une métaphore sportive, la Région Bretagne assure la formation et ce sont d'autres clubs qui en profitent!

 

On regrette que sur ce constat fondamental, les propositions contenues dans le bordereau ne sont pas à la hauteur des enjeux... Je vous renvoie au document des Jeunes de l'UDB qui ont formulé un certain nombre de propositions concrètes autour de la formation, l'insertion et l'emploi des jeunes. Pour ma part, j'en citerai une qui me semble novatrice: « pour lutter contre l'émigration des jeunes et notamment des plus qualifiés, imaginons une grande opération de promotion de l'embauche de jeunes diplômés bretons en Bretagne. Les entreprises partenaires pourraient être aidées au niveau de l'accompagnement de la formation. »

 

Les jeunes sont l'avenir de la Bretagne, nous avons la responsabilité de leur dessiner un avenir en Bretagne !

 

Ces remarques générales étant faites, quelques interrogations ou propositions:

 

Une grande absente du bordereau , la Loire-Atlantique. Alors que nos votes confirment d'années en années notre volonté de réunifier la Bretagne, on peut déplorer que rien dans le document ne soit envisagé dans ce sens. Or, il existe un groupe de travail, qui aurait dû être au moins sollicité, s'agissant de la jeunesse, qui représente l'avenir de notre Région. Un engagement à instituer « la réunification par le fait ». Ici, le document ne traite que de la Bretagne administrative.

 

Ensuite, la question de l'identité de la jeunesse bretonne, dans ce qu'elle a de singulier et d'universel n'est pas suffisamment mise en perspective. Alors que tout le monde reconnaît l'importance de l'identité comme facteur de cohésion et de lien social, de lien intergénérationnel et de dynamisme. Par exemple, ce sont pourtant bien les jeunes qui sont en demande de langue bretonne.

 

Or, dans la pratique, les jeunes nous donnent parfois des leçons. Alors que nous ne cessons de nous justifier d'être bretons (« breton, mais »), les jeunes ont acquis la conscience d'être multi-appartenants et donc breton, sans avoir besoin de se justifier.

 

Le Conseil Culturel, de son côté nous rappelle la prégnance de la culture dans tous les aspects de la vie quotidienne, économique, sociale et environnementale. Qu'il s'agisse de l'enseignement, de la formation, ainsi que du patrimoine et de l'activité maritime, la culture, et la pratique des langues de Bretagne, sont des atouts et des facteurs de confiance individuelle et collective pour les jeunes, et la société en général.

 

Je terminerai par une observation sur la formation et les engagements qui la concernent, nous y souscrivons, d'autant plus qu'ils s'inscrivent dans la réflexion que nous menons au sein de la commission. Ils vont dans le sens d'une meilleure efficience dans la mise en pratique de nos compétences. Un seul bémol : nos dispositifs doivent être plus lisibles et plus visibles. Nous rencontrons tous autour de nous des jeunes qui sont démunis, et n'ont pas les réponses qu'ils cherchent à leurs besoins et à leurs demandes. La Région doit mieux pouvoir y répondre, et y mettre les moyens, y compris humains pour renforcer le suivi individualisé et l'accompagnement.

 

Le document navigue toujours entre ce que l'institution peut faire, ce qui est de l'ordre de ses compétences et ce qui est du ressort de l'État ce qui complique l'exercice. Pour reprendre les termes des Jeunes de l'UDB, « Pour nous une réflexion sur une politique pour la jeunesse en Bretagne ne peut se cantonner aux seules compétences, faiblesau demeurant, que l’État a déléguées à la Région par la loi ». Et de conclure qu'il est nécessaire de clarifier les compétences et de se battre pour disposer d'un vrai pouvoir régional, pas seulement exécutif, mais aussi législatif.

 

Je vous remercie.

 

Publié dans Culture et Sport

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