Stress-Tests nucléaires en Europe : aveuglement ou sagesse ?

Publié le par Groupe des élus UDB

tests allégés proposés par la France et la Grande-Bretagne?

 

Stress-Tests nucléaires en Europe : aveuglement ou sagesse ?


Ce jeudi 12 mai, à Bruxelles, une réunion à priori difficile, entre le commissaire à l'énergie, Gunther Oettinger, et le groupe des autorités nationales de régulation dans le domaine de la sûreté nucléaire (ENSREG), risque de se solder par un constat de désaccord. Pourquoi ?

 

Une controverse a éclaté mercredi 11 mai au sujet des tests de sécurité promis en Europe sur les centrales nucléaires à la suite de la catastrophe de Fukushima, plusieurs voix s'élevant pour juger que le projet à l'étude n'est pas suffisamment exigeant.

 

Ainsi, le ministre de l'Environnement autrichien, Nikolaus Berlakovich, dont le pays a renoncé au nucléaire à la fin des années 1970, a dénoncé la faiblesse de ces vérifications appelées à débuter en juin, qui ont le défaut selon lui de ne pas s'attarder sur les risques terroristes ou informatiques. Il a souligné la nécessité de recourir à des experts indépendants pour mener ces tests : "Cela n'a aucun sens si les centrales nucléaires se testent elles-mêmes." Dans le même esprit, "Un test de résistance allégé ne portera pas ma signature", a affirmé le commissaire européen à l'énergie, Gunther Oettinger. L'Allemagne, qui envisage une sortie du nucléaire à l'horizon 2020, souhaite aussi des critères plus stricts.

 

Cependant, les quatorze pays de l'Union Européennes qui ont choisi l'énergie nucléaire, souhaitent limiter les critères des tests de résistance aux seules catastrophes naturelles ainsi que leurs conséquences: perte d'alimentation électrique, difficultés de refroidissement des réacteurs, gestion générale d'une situation d'accident. Ce sont la France et la Grande-Bretagne, les deux pays disposant du plus vaste parc nucléaire européen, qui mènent la bataille en faveur de l'assouplissement des critères. Ces deux pays refusent l'idée d'inclure le scénario d'un crash d'avion, d'une attaque terroriste ou d'une erreur humaine car aucune centrale en Europe n'y résisterait et il faudrait toutes les fermer. Le commissaire européen à l'énergie a fait savoir mercredi qu'il restait pour sa part favorable à ce que les tests soient plus stricts et incluent des scénarios comme la chute d'un avion. Il "souhaite toujours fermement que non seulement les catastrophes naturelles mais aussi les agissements humains soient pris en compte". Une ligne politique reprise par le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso. Il avait déclaré à la veille de la réunion : "Ces tests devront être complets et inclure un éventail le plus large possible de scénarios, avec des facteurs naturels et humains".

 

Qui gagnera ? Ceux qui ont compris les leçons de Tchernobyl et de Fukushima ? Ou ceux qui n'hésitent pas à compromettre l'avenir de l'humanité au nom de la toute puissance et de l'infaillibilité technologique ?

 

Pour l'Union Démocratique Bretonne, le nucléaire est d’abord le choix des Etats puissants pour assurer leur domination politique et non celui des sociétés pour leur confort énergétique.

 

Pour l'UDB, nos sociétés techniciennes avancées aux systèmes les plus rationalisés, dont le Japon fait figure de Parangon, ont démontré que le risque zéro n'existe pas, et que les risques techniques conjugués aux facteurs humains et aux aléas climatique et sismiques rendent décidément indésirable et irresponsable le recours au nucléaire, qu'il soit civil ou nucléaire. 

 

L'UDB soutient ceux des acteurs politiques européens qui ont fait le choix de l'avenir de l'humanité et le choix d'abandonner le nucléaire, et souhaite, à l'heure où l'Allemagne révise sa politique énergétique pour une sortie définitive du nucléaire en 2020, que la sagesse l'emportera dans le niveau d'exigence des tests de sécurité des centrales nucléaires de l'Union Européenne.

 

Mona Bras,

Conseillère régionale.

Publié dans Energie

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