Visibilité internationale de nos universités : la Bretagne ou le néant

Publié le par Groupe des élus UDB

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Communiqué de presse
Brest, le 10 février 2012
 
 
Visibilité internationale de nos universités :
la Bretagne ou le néant
 
Sans doute ne remerciera-t-on jamais assez les universités de Cergy-Pontoise et de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines qui, en créant le PRES (pôle de recherche et d’enseignement supérieur) « Paris Grand Ouest », viennent de jeter une lumière crue sur le grand trou noir où voudraient nous jeter les soutiens politiques d’un « Grand Ouest », ce conglomérat qu’ils verraient bien s’étendre depuis les falaises d’Ouessant jusqu’aux marches de la cathédrale de Chartres… en attendant, qui sait, un détour par Dunkerque et Tamanrasset.
 
Grand merci en effet aux présidentes de ces deux universités de nous ouvrir les yeux car à l’ouest de ce nouveau « Grand Ouest », que peut-il bien y avoir ? La réponse est simple : soit des territoires qui affirment leur identité, soit le néant. Et parmi ces territoires ainsi mis au pied du mur, il y a la Bretagne. Mais il y a aussi la Normandie ou le Val de Loire (quadrilatère Angers-Tours-Orléans-Le Mans).
 
Faute d’une démarche de territoire la Bretagne comme les autres régions à l’ouest de Paris sont totalement absentes de la carte des campus « de rang mondial » auxquels l’Etat a décidé d’attribuer une enveloppe de 7,7 milliards d’euros au titre du « grand emprunt ». Parmi les 8 campus sélectionnés 4 sont à Paris. Le nouveau PRES « Paris Grand Ouest » s’inscrit d’ailleurs dans un partenariat avec l’un d’entre eux : le Campus de Saclay. Objectif de ces 8 campus « de rang mondial » tel qu’affiché par François Fillon le 3 février: « attirer les meilleurs étudiants, les professeurs et chercheurs les plus reconnus ». Voilà qui a le mérite d’être clair. Dehors les bouseux ! Le futur candidat à la mairie de Paris, maintenant décrotté, a choisi son camp.
 
La création du PRES « Université européenne de Bretagne », en 2007, avait laissé espérer une organisation fédérative de l’enseignement supérieur et de la recherche en Bretagne, un PRES nantais s’étant par ailleurs constitué qui aurait pu s’en rapprocher. Mais la construction est restée inachevée et on constate aujourd’hui, au contraire, un mouvement centrifruge : les deux universités rennaises entendent vivre leur vie tandis que l’UBO et l’UBS intensifient leurs coopérations, le président de l’UBO envisageant même une fusion à terme. Et le PRES nantais s’est élargi à Angers et au Mans. On peine à distinguer dans ces démarches individuelles une stratégie d’ensemble à l’échelle de la Bretagne.
 
Pourtant, depuis 2011 les fondateurs des Labex (laboratoire d’excellence) Mer (recherche océanographique) et Comin Labs (numérique et télécommunication) montrent la seule voie à suivre, celle d’une fédération des établissements d’enseignement supérieur des cinq départements bretons. Sans idéologie aucune mais par pragmatisme ils ont su réunir 1.500 scientifiques des universités et de plusieurs grandes écoles de Nantes, Rennes, Lorient-Vannes et Brest pour s’inscrire parmi les premiers pôles de recherche européens, voire mondiaux dans leur domaine. Voilà ce qu’il faudrait étendre à l’ensemble des disciplines.
 
C’est cette stratégie qui fait défaut pour donner à l’ensemble de l’enseignement supérieur breton une visibilité internationale. Et sans doute fait-elle défaut parce que, la Bretagne restant désunie, le pouvoir régional n’a ni le poids budgétaire ni le pouvoir politique suffisants pour en prendre l’initiative. CQFD.
 
Christian Guyonvarc’h
conseiller régional de Bretagne / kuzulier-rannvro Breizh
groupe UDB, autonomie et écologie / strollad UDB, emrenerezh hag ekologiez

Publié dans Communiqués de presse

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