Centrale de Guipavas: réaction à la communication de MM. Cadot et Le Drian

Publié le par Groupe des élus UDB

Guyonvarch -Christian- Com.R-gion[1] Brest, le 5 avril 2011

 

 

 

Projet de centrale électrique à gaz :

toujours aussi néfaste et inutile

 

 

 


Le Préfet de région Michel Cadot et le Président du Conseil régional Jean-Yves le Drian ont convoqué certains médias, le mardi 5 avril à la sous-préfecture de Brest, pour « faire un point sur le projet de centrale à cycle combiné gaz prévue d’être implantée dans les environs de Brest ». Ils viennent d’y annoncer la publication de l’appel d’offres vers la mi-mai. Pour ces deux responsables publics « cette unité de production constitue… un des volets du pacte électrique breton qui doit permettre d’apporter une réponse durable à la problématique de la fragilité électrique de la Bretagne ».

 

Cette opération de communication conjointe à Brest, dont certains médias semblent avoir été exclus, vient démentir les messages mensongers véhiculés récemment, à l’occasion de la campagne des élections cantonales, selon lesquels ce projet de centrale serait le seul fait de l’Etat. Il s’agit bien d’un projet porté politiquement tout autant par le président du Conseil régional que par le Gouvernement central.

 

Le fait que cette opération de communication ait précédé de quelques minutes la participation de Messieurs Cadot et Le Drian à un colloque sur l’avenir des énergies marines, dans les locaux de l’Ecole supérieure de commerce de Brest, ne saurait abuser les esprits éveillés.

 

En tant que conseiller régional je tiens à réaffirmer mon opposition totale à ce projet néfaste et inutile. Je veux en souligner deux contradictions majeures.

 

Les objectifs en matière d’énergie renouvelable ne sont-ils que du vent ?

 

Le « pacte électrique breton », signé le 14 décembre 2010… et adopté par les conseillers régionaux PS et UMP trois semaines plus tard, apporte par lui-même la démonstration soit de l’inutilité d’une centrale électrique à gaz de 450 MW face aux besoins réels de la Région Bretagne d’ici 2020, soit du caractère mensonger des engagements pris dans les volets 1 (maîtrise de la demande) et 2 (développement des énergies renouvelables) de ce pacte.

 

En effet, comme Gérard Borvon et moi-même l’avons établi depuis plusieurs mois, le tableau de l’annexe 3 de ce document (page 15) annonce une diminution significative d’ici 2020, non seulement en pourcentage mais surtout en volume, de la part de la consommation électrique des habitants de la Région qui serait assurée par les combustibles fossiles (nucléaire, fioul, charbon, gaz). Cette part diminuerait de 3,1 térawatts/heure (3,1 milliards de kwh), c’est-à-dire l’équivalent de la production d’une centrale thermique de 450 MW fonctionnant 9 mois et demi par an.

 

A contrario, ce tableau annonce que les énergies renouvelables de la Région Bretagne assureraient au moins 34% de la consommation électrique régionale en 2020 (au lieu de 7% en 2010), sans même tenir compte de la production de la Loire-Atlantique, notamment du champ d’éoliennes offshore de 750 MW prévu d'ici 2015 au large de Saint-Nazaire, dont on sait depuis quelques jours qu’il approvisionnera le réseau électrique de la Région Bretagne.

 

Alors, que faut-il croire ?

 

Les lois du Grenelle de l’environnement ne sont-elles que du papier ?

 

En s’inscrivant dans un schéma d’augmentation perpétuelle de la consommation électrique en Région Bretagne, le projet de centrale électrique à gaz de l’Etat et de la Région est contraire aux objectifs fixés par les deux lois issues du Grenelle de l’environnement (lois n° 2009-967 du 3 août 2009 et 2010-788 du 12 juillet 2010), notamment ceux qui s’appliquent au secteur du bâtiment, très consommateur d’électricité en Région Bretagne, à savoir :

 

- une réduction des consommations d’énergie du parc des bâtiments existants d’au moins 38% d’ici à 2020,

- une consommation d’énergie primaire inférieure à un seuil de 50 kwh par m² et par an pour toutes les constructions neuves à compter de 2012 (et par anticipation dès 2010 pour les bâtiments publics et les immeubles de bureau), alors que la consommation moyenne du parc existant est de 162 kwh par m² et par an.

 

 

Il est donc clair qu’accepter le projet d’une centrale électrique à gaz de 450 MW dans l’aire urbaine de Brest (ou ailleurs), ce serait renoncer tout à la fois aux objectifs fixés par les lois du Grenelle de l’environnement et à l’ambition d’une conversion écologique de l’économie en Bretagne. Tous les vrais écologistes qui savent que l’énergie la moins polluante et la moins chère est celle qu’on ne consomme pas et tous les vrais partisans d’une grande industrie de l’énergie renouvelable en Bretagne ne pourront que s’y opposer.

 

Je réaffirme mon soutien aux nombreuses associations locales et régionales, réunies au sein du collectif GASPARE (Garantir l’avenir solidaire par l’autonomie régionale énergétique), qui se mobilisent pour faire échouer le projet de centrale et rendre enfin possible une politique énergétique vraiment durable en Bretagne. Je m’associe aux appels à un rassemblement populaire le dimanche 5 juin à Lanvian, entre Saint-Divy et Guipavas, sur le site pressenti pour la centrale.

 

                                                      Christian GUYONVARC’H

                                                      conseiller régional UDB

                                                      kuzulier-rannvro UDB

Publié dans Communiqués de presse

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