Plénière d'octobre 2010: discours de politique général

Publié le par Groupe des élus UDB

oiseau seulConseil régional – Session des 21 et 22 octobre 2010

 

Intervention de Herri Gourmelen – président du groupe UDB Autonomie et Ecologie

 

 

 


 

Monsieur le Président, chers collègues,

 

Monsieur le Président, étant de fait hors de votre majorité nous avons défini une ligne de conduite que nous qualifions d'opposition constructive et nous nous y tenons.

 

Nous n'éprouvons donc aucune réticence à dire que nous jugeons positive la réponse que vous apportez à notre courrier du 17 septembre s'agissant d'une question essentielle pour nous – essentielle au sens premier du terme –, la question de la réunification. En effet, vous répondez à notre demande en installant un groupe de travail spécifique. Vous précisez par ailleurs que la Loire-Atlantique participera à l' EPCC langue bretonne, que vous entendez ouvrir la Conférence Régionale de Stratégie Portuaire au Grand Port maritime de Nantes-St Nazaire, que la prochaine commission mixte abordera la cohérence aéroportuaire  et la complémentarité des aéroports de la Bretagne historique, ainsi que l'articulation ferroviaire de leur desserte – nous aurons l'occasion de revenir sur ce problème majeur dans la suite des débats, je me contenterai de rappeler ici  que l' UDB réclame depuis des années un tel schéma. Dont acte, par conséquent.

 

Nous apprécions par ailleurs l'engagement de la Région à renforcer la place du breton dans ses publications internes avec un calendrier 2011 entièrement bilingue en attendant un  Agenda du Conseil régional bilingue en 2012. Mais il faudra des efforts accrus pour sauver la langue bretonne. Notre collègue Naig Le Gars aura l'occasion de revenir sur la rentrée dans l'enseignement bilingue. Je signale qu'à l'initiative de notre ami, le député européen François Alfonsi, la Commission budget du parlement européen a voté deux amendements en faveur des « langues menacées » dont fait partie le breton. C'est un premier succès , un an après l'élection du nouveau parlement européen, dans la remobilisation politique et financière  de l' Union européenne dans son soutien aux communautés dont les langues historiques sont menacées de disparition. L' Etat français ferait bien de suivre cet exemple.

 

Je tiens également à dire notre satisfaction de voir inscrite à l'ordre du jour de notre assemblée la motion portée par les groupes EE et UDB sur les financements éthiques  pour une transparence des politiques d'investissement des collectivités, singulièrement de notre Conseil régional. Je ne doute pas que nous nous rejoignons sur cette importante question qui lie morale politique et développement économique.

 

Mais, à côté des motifs de satisfaction il y a les motifs d'insatisfaction, de très grande insatisfaction, car c'est le fonctionnement démocratique de notre assemblée qui est en cause.

Chacun aura compris que je veux évoquer la façon dont nous avons appris deux décisions majeures concernant d'une part le dossier de  Notre Dame des Landes , d'autre part celui de la centrale électrique au gaz de Guipavas.  Dans les deux cas nous apprenons vos décisions par la presse :


-1°) décision d'engager 29 millions d'euros dans le projet d'aéoport international, alors que vous avez répété pendant la campagne des Régionales que la Bretagne administrative n'était pas concernée par le financement  de ce projet


2°) décision de construire une centrale électrique au gaz 450 Mgw à Guipavas alors que vous avez mené campagne sur le thème de la Glaz économie...


Ce n'est pas là  faire grand cas de l'avis de notre assemblée, ni de l'opinion des Bretons qui ont  entendu un autre discours de la part du candidat Le Drian. 


Par ailleurs, nous nourrissons de grandes craintes sur un dossier prioritaire pour l'avenir du territoire breton, celui de la Grande Vitesse. Nous attendons de la Région qu'elle rappelle l'Etat à ses engagements antérieurs. Avec nos compatriotes de l'Ouest breton nous demandons l'inscription par le gouvernement des lignes Rennes-Brest et Rennes-Quimper comme une priorité dans le Schéma national d'infrastructures de transports pour lequel l'avis de notre assemblée est sollicité. C'est sur cette base-là que le consensus breton s'est construit autour du projet «  Bretagne Grande Vitesse ». La priorité c'est Brest et Quimper à 1 H 30 de Rennes.

 

Mais ce consensus existe-t-il encore ? Nous entendons l'écho de nos préoccupations dans le propos du professeur de Sciences Po Rennes, Romain Pasquier. Je le cite: «  Les élus bretons sont aujourd'hui incapables de créer un rapport de force avec l' Etat central...La tendance est même plutôt à la recentralisation avec la suppression de la taxe professionnelle qui réduit considérablement l'autonomie fiscale des régions et donc de la Bretagne. Quelle ironie pour une région qui, sous l'impulsion du Celib et du mouvement culturel, a oeuvré fortement en faveur de la décentralisation ».

 

Les Bretons  se doivent d'être au premier rang dans la lutte contre des projets de réforme fiscale et territoriale, synonymes de régression démocratique et de casse sociale. En faisant porter l'entière responsabilité de la clause de compétence générale sur les communes, on prive ces dernières des concours des départements et régions, les forçant à assumer seules les conséquences de la précarité et de la paupérisation croissantes. Le danger est grand: déchirure du tissu social, accentuation des inégalités  territoriales, tout le contraire de ce que voulons, i.e. la solidarité entre les individus et la péréquation entre les territoires.

 

Mise sous tutelle injuste et inefficace des collectivités locales, rendues responsables des déficits publics, quand dans le même temps l' Etat se défausse sur elles des missions de solidarité qu'il ne veut plus assurer. Déficit et dette publique ont explosé quand les institutions financières ont fait endosser par la collectivité leurs dettes. Voilà la vérité !


Réforme injuste et inefficace du système des retraites, mise en oeuvre  fondamentalement comme élément de réponse à la crise financière et économique:  En 2006, avant la crise, les déficits des caisses de retraites s'élevaient à 2,2 milliards d'euros, en 2010 à 32,2 milliards, quinze fois plus ! Ce n'est pas la démographie qui explique cet accroissement vertigineux de la dette.

 

Face aux réformes injustes et inefficaces, le peuple de gauche, rejoint par des femmes et des hommes soucieux d'équité et d'éthique , s'est mobilisé en masse. Cette mobilisation doit trouver sa traduction au plan politique. Au niveau breton cela passe par la  résorption d'une fracture qui n'est pas de notre fait.  

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