Session plénière de février 2012: question orale

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Conseil régional de Bretagne                                                     
Groupe des élus de l’Union démocratique Bretonne

Session plénière de février 2012

Question orale - La déconstruction et le recyclage des navires en fin de vie

Le naufrage du TK Bremen sur la côte sud de la Bretagne, à Erdeven, a relancé le débat sur la sécurité en mer, le respect des règles de navigation et leur nécessaire amélioration. Ce naufrage a aussi reposé la question de l’organisation de la déconstruction des navires. Ce bateau est aujourd’hui démantelé. C'est une entreprise hollandaise qui a coordonné et assuré la partie la plus spectaculaire du travail, mais elle a fait appel à des entreprises bretonnes pour la vidange du navire, l'évacuation, le transport et le recyclage des déchets et la sécurisation du site, le tout dans un laps de temps forcément très contraint.

Les élus de l’UDB, avec d’autres, constatent qu’en France la déconstruction des navires en fin de vie, qu'ils soient civils ou militaires, souffre de l'absence d'une filière organisée. Seuls les navires de plaisance et les navires de pêche sont pris en charge par des entreprises locales.

Chacun a en mémoire l’épisode du Clémenceau. Contraint et forcé par la médiatisation du dossier, l'Etat français a dû renoncer à la solution indienne et s'est rabattu, faute d'une solution en France, sur le chantier anglais de Hartlepool. Le 30 septembre dernier le quotidien économique La Tribune titrait :" Le fiasco de la déconstruction de la coque Q 790 a englouti plus de 20 millions d'euros ". De ces errances, deux enseignements majeurs peuvent être tirés :


- l’Europe, et c’est une question de droit, ne peut pas exporter ses déchets présentant un caractère de dangerosité élevé vers les pays dits émergents dans lesquels la déconstruction des navires ne respecte ni les hommes ni l’environnement.
- l’Europe et c’est la 2ème leçon à tirer, ne peut plus continuer à « océaniser » les bateaux, à savoir les couler au large. C’est tout simplement inacceptable, la mer n’est pas une poubelle ! Dans le Finistère, faute d'assumer ses responsabilités, l'Etat a transformé le site magique de l'abbaye de Landévennec en décharge marine où viennent finir de rouiller des navires militaires désarmés.

Deux chiffres permettent de mesurer l'ampleur du problème:


- l’Union européenne attend un pic de déconstruction de l’ordre de 800 bateaux en 2015, notamment des pétroliers à simple coque.
- en 2010, c’est près de 1000 navires qui ont été déconstruits dans le monde, la plupart en Asie, seuls 10 auraient été déconstruits en Europe, en l’occurrence au Danemark et en Belgique.

De notre point de vue plusieurs éléments plaident pour que la Bretagne devienne un maillon fort d’une filière de déconstruction- recyclage des navires en fin de vie. La Bretagne a des compétences et savoir-faire en matière de construction de navires qui sont proches ou similaires aux besoins d’une filière de déconstruction. Certaines entreprises sont aujourd’hui en difficulté, nous pensons à la Sobrena de Brest, entreprise pour laquelle une telle filière constitue une possible diversification de l’activité. La Bretagne, Brest en premier lieu, dispose d’infrastructures, de ports, capables d’accueillir des activités de déconstruction.

Monsieur le Président, notre question est simple : quelles sont les initiatives que la Région Bretagne entend prendre pour organiser une filière de déconstruction-recyclage des navires en fin de vie et l’ancrer en Bretagne, filière évidemment exemplaire tant du point de vue social qu'au plan environnemental ? Nous avons en mémoire « Les Assises pour la filière industrielle de déconstruction des navires » qui s'est tenue ici même, à l'initiative de la CGT,  en avril 2011, et nous savons que d'autres sites sont envisagés.

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